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L’art total des nabis

Paul Sérusier, Femmes à la source, détrempe sur toile, 1899 / Patrice Schmidt / RMN-GPEn 1888, à Pont-Aven, Paul Sérusier peint une petite étude qui deviendra le manifeste d’un nouveau mouvement artistique, les nabis (« prophètes », en hébreu). Suivant à la lettre les instructions de son aîné Paul Gauguin, il délaisse le naturalisme, transformant le paysage en une « vision mentale ».
Intitulé Le Talisman, ce patchwork d’aplats aux couleurs éclatantes, sans ombre ni perspective, va cristalliser les aspirations de toute une génération d’artistes autour d’une esthétique radicale.Deux expositions parisiennes aident à mieux comprendre ce courant charnière entre l’impressionnisme et l’abstraction.
Le Musée d’Orsay se concentre sur les origines du mouvement, réunissant une soixantaine d’œuvres autour de l’iconique Talisman ; celui du Luxembourg dévoile les liens des nabis avec le décor, reconstituant notamment de remarquables ensembles muraux, habituellement dispersés dans les musées du monde entier.
Inspirés par les estampes japonaisesDès 1891, Pierre Bonnard l’affirme : « La peinture doit être surtout décorative. » Dans le sillage du mouvement anglais Arts & Crafts né quelques années plus tôt, les nabis se libèrent des frontières entre art et artisanat. Paravents, éventails, abat-jour, vitraux… ils rêvent de créer des objets d’art accessibles à toutes les bourses.
Hélas, leurs créations resteront souvent au stade du prototype, à l’image des jolis papiers peints à motifs de colombes ou de bateaux imaginés par Maurice Denis.Ce sont surtout dans les appartements de leurs amis et de riches mécènes qu’ils déploieront leur talent. Puisant leur inspiration dans les tapisseries médiévales ou les estampes japonaises, qui tapissent leurs ateliers, ils croquent des scènes du quotidien, pleines de gaieté, où leurs parents servent de modèles.
Une douceur de vivre se dégage de La Cueillette des pommes, quatre panneaux muraux de Bonnard venus du Japon et des États-Unis. Immergés dans un camaïeu de verts, les enfants ont la bouille aussi ronde et rouge que les fruits ramassés. Plus loin, chez Vuillard, les fleurs de la tapisserie vont jusqu’à engloutir les silhouettes.
Saturé de motifs et de couleurs, le douillet cocon domestique se fait presque étouffant.Deux cavaliers bleus au Musée de l’Orangerie « Le Talisman de Sérusier, une prophétie de la couleur », jusqu’au 28 avril au Musée d’Orsay.
.Rens. : 01.40.49.48.14 et musee-orsay.fr« Les Nabis et le décor », jusqu’au 30 juin au Musée du Luxembourg. Rens. : museeduluxembourg.fr ..
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