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1 16.04.2019 09:19:12 09:19

Les effets antidépresseurs de la kétamine élucidés

Article réservé aux abonnés La kétamine est une molécule à surprises. Et pas seulement pour ceux qui recherchent ses effets hallucinogènes en la détournant de ses applications médicales. Depuis les années 1970, elle est largement utilisée comme anesthésique à usage humain ou vétérinaire. Mais elle est aussi dotée de puissants effets antidépresseurs, découverts voici plus de vingt ans.
Or, ceux-ci viennent d’être doublement reconnus : au plan réglementaire, par la toute-puissante agence du médicament américaine (FDA) ; et au plan scientifique, par un article qui en démontre les rouages, dans la revue Science du 12 avril. Le 5 mars, pour la première fois, la FDA a autorisé l’utilisation de l’eskétamine (l’une des deux représentations spatiales de la kétamine, développée par le laboratoire Janssen), en spray nasal, pour traiter les dépressions rebelles aux antidépresseurs classiques.
Le dénouement d’un long chemin qui démarre à la fin des années 1990, quand le hasard s’en mêle. « Chez des patients ayant dû subir une intervention chirurgicale, on a observé les bénéfices inattendus, sur une dépression, de la kétamine utilisée comme anesthésique », rapporte le docteur Pierre de Maricourt, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne (Paris).
Action rapide Depuis lors, les essais cliniques se sont multipliés. « L’enthousiasme des psychiatres tient à deux atouts de la kétamine, poursuit Pierre de Maricourt. Tout d’abord, elle agit très vite – en moins de vingt-quatre heures après l’administration. Or, les antidépresseurs conventionnels mettent de quatre à huit semaines pour être efficaces : un délai très long, en particulier chez les patients suicidaires.
Second atout : elle est efficace même chez ceux qui ne répondent pasaux antidépresseurs classiques. » Près du tiers des patients dépressifs sont dans ce cas. Au total, près de 1 000 patients ont été inclus dans cinq essais cliniques randomisés : ils étaient tirés au sort pour être traités soit par des antidépresseurs classiques soit par l’eskétamine à faibles doses.
« Les résultats, après un an de suivi, ont conduit la FDA à approuver cette molécule en troisième ligne de traitement », indique Pierre de Maricourt, qui a participé à l’un de ces essais (il déclare un lien d’intérêts avec Janssen). Chez des patients avec un risque imminent de passage à l’acte suicidaire, par ailleurs, l’intérêt de l’eskétamine est aussi en cours d’évaluation.
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