×
9 12.06.2019 14:04:16 14:04

La majorité réfléchit à l’allongement des délais d’accès à l’IVG

Une surprise générale, puis un rétropédalage. Alors que vendredi 7 juin, l’ancienne ministre des familles et sénatrice socialiste Laurence Rossignol avait fait adopter dans un hémicycle quasi-désert un allongement des délais de recours à l’IVG à « 14 semaines de grossesse », contre 12 actuellement, les sénateurs sont revenus sur ce vote, mardi 11 juin.

Une seconde délibération a été organisée, à la demande de la commission des affaires sociales, présidée par Alain Milon (LR) et acceptée par la ministre de la santé. « J’estime en conscience et en responsabilité que les conditions dans lesquelles le Sénat s’est prononcé vendredi dernier (…) n’étaient pas satisfaisantes », a déclaré Agnès Buzyn.

Le Sénat allonge le délai légal d’interruption volontaire de grossesseLa majorité s’en mêleMais l’épisode est loin d’être clos, la majorité LREM à l’Assemblée entendant reprendre l’initiative. Marie-Pierre Rixain, députée LREM et présidente de la délégation pour les droits des femmes, a annoncé dans un communiqué la création d’une mission d’information parlementaire pour dresser un état des lieux de l’accès à l’IVG en France, dès ce mois de juin.

« Je déposerai à l’automne une proposition de loi qui comprendra a minima l’allongement du délai d’accès de 12 à 14 semaines », a-t-elle ajouté sur Twitter, estimant que « l’accès à l’IVG est un marqueur de l’avancée des droits des femmes ».Quelques minutes plus tard, second communiqué. La secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, apporte, à son tour, son soutien à l’initiative.

« L’allongement raisonnable des délais légaux de l’IVG serait une avancée pour les droits des femmes, mais aussi et surtout pour la santé des femmes, commence le texte. Une telle décision doit être prise avec un véritable travail de fond réunissant l’ensemble des parties prenantes et travaillant sur les conditions globales d’accès à l’avortement : maillage territorial, informations sur la clause de conscience, etc.

 » Soutenant la mission, elle se prononce aussi pour le dépôt d’une proposition de loi.Abandonner la clause de conscience sur l’IVG, un « faux débat » pour les soignantsLes réticences des médecinsL’idée pourrait néanmoins se heurter à de fortes réticences du corps médical. Ainsi Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens, s’oppose fermement à un tel projet.

Interrogé par La Croix lors du vote du Sénat, vendredi 7 juin, il a appelé à être « précis sur les termes » : « Le délai d’IVG en France a déjà été porté à 14 semaines d’aménorrhées en 2001, afin de l’aligner sur les législations les plus libérales en Europe. Mais ce n’est pas du tout la même chose que 14 semaines de grossesse.

. (…) Le délai qui a cours aujourd’hui correspond à une faisabilité tout d’abord technique. Au-delà, ce n’est plus du tout le même geste pour le médecin, ni le même risque encouru par la mère. »Il invitait aussi à analyser avec davantage.....


code de nouvelles: 117920  |  la-croix
Toutes les nouvelles ont été recueillies par AllFrenchNews Crawler