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Mécanos solidaires, une affaire qui roule

Article publié dans Pèlerin n° 7116Au volant de sa camionnette blanche, Théo Le Cléach met le cap vers le sud de l’Orne. Le mécanicien de 19 ans est l’un des dix salariés de la structure Mobylis, créée en 2019 à partir du pôle Mobilité de L’étape, une association dédiée au retour à l’emploi, basée à Flers.

Tous les jeudis, Théo sillonne le département dans le cadre du dispositif MécaNomade, lancé en 2017 pour diagnostiquer et réparer les véhicules des personnes à faibles revenus.« Sans voiture, je ne peux rien faire »Ce jeudi, il a rendez-vous avec un client dans un lotissement de la cité médiévale de Domfront.

Devant une maison typique des années 1970, un vieux monospace bleu a l’air mal en point. « Bonjour, Théo, de MécaNomade, je viens pour un diagnostic de véhicule », lance-t-il en sautant de son fourgon. Derrière le portail, Nicolas Mangon explique, dépité : « Quand je démarre, on dirait un tank. » Le trentenaire détaille son problème : l’échappement ayant lâché, l’auto ne fonctionne plus.

« C’est ma septième voiture depuis que j’ai mon permis. Je l’ai eue pour 400 €, alors qu’elle devait aller à la casse, raconte-t-il. Je n’ai jamais eu les moyens de m’en acheter une neuve. »Le budget des automobilistes en hausse en 2018Pourtant, la voiture est indispensable à Nicolas. Chaque année, il travaille comme saisonnier dans les exploitations agricoles, et parcourt des kilomètres.

Ces derniers jours, il espérait même obtenir un contrat de pré-embauche comme vacher dans une ferme. « Mais c’est foutu, sans voiture, je ne peux rien faire », déplore-t-il.Garage social itinérantDes récits comme celui-ci, Théo en entend beaucoup tandis qu’il soulève les capots pour diagnostiquer les pannes.

Il liste les pièces à changer et proposera à Nicolas un devis dans la semaine. « Il faudra que je vienne chercher la voiture. Les réparations prendront deux ou trois jours », prévoit-il. « Une idée du prix de la réparation ? » s’inquiète Nicolas. Théo préfère ne pas s’avancer pour éviter les mauvaises surprises mais il estime les travaux à « au moins 300 €, car une des pièces coûte cher, même d’occasion ».

La Fondation PSA soutient les « garages solidaires »Garage social itinérant, MécaNomade opère dans un rayon de 60 km autour de Flers. « C’est un moyen de dépanner les personnes à moindre coût », décrit Laure Anfray, de l’association Mobylis. Sans concurrencer les garages traditionnels, le dispositif est destiné à un public sans grands moyens financiers, sur orientation des services sociaux.

Les tarifs de main-d’œuvre sont échelonnés en fonction du revenu fiscal de référence du client : de 20 € de l’heure pour les bénéficiaires du RSA à 55 € de l’heure pour des personnes déclarant plus de 24 000 € par an – soit quasiment le prix d’un garage ordinaire. « 95 % de nos bénéficiaires touchent le RSA ou gagnent en dessous de 12 000 € annuels », précise Laure Anfray.

.MécaNomade fait partie des multiples offres proposées par.....


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