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Affaire Vincent Lambert : Les arrêts de traitements, actes quotidiens et délicats

Comment les équipes de soins palliatifs décident-elles d’arrêter les traitements ? Et comment les soignants vivent-ils, chaque jour, de telles décisions ? Dans les services, de tels gestes ne sont pas rares, loin de là : près de 15 % des décès surviennent ainsi après l’arrêt d’un traitement, selon une étude de l’Ined réalisée en 2010.

Reste que la décision est toujours délicate, surtout lorsque l’arrêt entraîne le décès à brève échéance. « Aucune décision n’est simple », explique Marion Broucke, infirmière dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Paul Brousse, à Villejuif.Comme dans tous les services de soins palliatifs, l’arrêt d’un traitement est toujours décidé après une discussion réunissant tous les soignants, médecins et personnel paramédical.

Il peut s’agir d’arrêter un médicament cardiologique, une dialyse ou l’hydratation artificielle, lorsque les soignants jugent que les effets sur le patient sont plus néfastes que bénéfiques, par exemple en produisant une douleur, un encombrement pulmonaire ou un œdème.Mort de Vincent Lambert, les leçons de cette « affaire »« Même si cela arrive tous les jours, l’arrêt des traitements fait partie des décisions les plus questionnantes, car nous savons qu’après cela, la mort va survenir à brève échéance.

 Si l’on a l’impression de faire mourir et non de laisser mourir, c’est qu’il y a un problème, que nous sortons de notre rôle de soignants », poursuit Marion Broucke. « Le fait d’en discuter contribue à la compréhension de cet acte et à l’apaisement de l’action de chacun ». Ces temps de discussions, quotidiens, sont complétés par des « groupes de parole », organisés une fois par mois dans quasiment toutes les unités de soins palliatifs.

« Chacun doit être tranquille avec les décisions qui sont prises »« Notre équipe fait intervenir un psychologue extérieur pour animer ces groupes de supervision », explique ainsi Sigolène Gautier, elle-même psychologue à l’hôpital des Charmettes, à Lyon, dans une unité de soins palliatifs qui comprend dix lits.

« Chaque membre de l’équipe, qu’il soit médecin ou aide-soignant, doit pouvoir parler de ses réticences, de ses questionnements, de ses différences de point de vue, explique-t-elle. Chacun doit être tranquille avec les décisions qui sont prises. » Être tranquille ? « Cela veut dire accepter la décision, mais aussi pouvoir l’expliquer au patient et à ses proches », répond Sigolène Gautier.

Dans cet hôpital lyonnais, qui dépend de la Croix-Rouge, cette réunion mensuelle n’est pas obligatoire mais est fortement préconisée à tous les soignants. Dans les faits, la majorité de la trentaine de soignants de cette unité se rend aux supervisions. « Cela nous permet de garder en tête le sens de ce que nous faisons et de ne pas nous épuiser », souligne Sigolène Gautier, qui préside aussi le collège des psychologues de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).

.Vincent Lambert : comment se déroule.....


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