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3 12.07.2019 03:00:12 03:00

Le Parlement européen pris au piège de la politique intérieure allemande

Vue dEurope, la situation apparaît pour le moins paradoxale. Lélection d Ursula Von der Leyen à la présidence de la Commission européenne aurait beau permettre à lAllemagne dobtenir pour la première fois en 52 ans ce poste clef dans lécosystème de lUE, cette occasion pourrait être mise en échec, mardi prochain, par lopposition des députés allemands écologistes, mais aussi et surtout sociaux-démocrates.

Lire aussi : Pourquoi lAllemagne ne se réjouit pas de présider la Commission Von der Leyen en opération séduction au Parlement européen Le refus des Verts de soutenir lactuelle ministre chrétienne-démocrate de la Défense dont ils ont fustigé la politique nest en effet pas étranger à la prédominance des élus allemands dans la famille écologiste européenne.

Quant au SPD, son chef de groupe à Strasbourg, Jens Geier, a fait circuler mercredi au sein du groupe des élus socialistes européens un document en forme de procès, intitulé « Pourquoi Ursula von der Leyen est une candidate inadéquate et inadaptée ».A Berlin, le SPD prend ses distancesSelon lAgence de presse allemande (DPA), Jens Geier y évoque le bilan mitigé de cette dernière à la Défense, faisant référence à deux dossiers : la rénovation interminable dun voilier école, le « Gorch Fock », dont les coûts ont explosé, et lenquête parlementaire dont Ursula Von der Leyen fait lobjet à propos du recrutement de consultants sans appel doffres, à lorigine de plusieurs dizaines de millions deuros de contrats.

Le député européen rappelle aussi quelle est la ministre la plus impopulaire en Allemagne et que son doctorat est entaché de soupçons de plagiat.Lire aussi : La campagne des Européennes creuse le fossé entre le SPD et la CDU A Berlin, le SPD tente de prendre ses distances vis-à-vis de ces attaques personnelles.

« Il sagit dun document de travail personnel qui na été ni commandé ni approuvé par le parti, il sagit dun sujet purement européen », souligne-t-on au sein du groupe parlementaire social-démocrate. Après avoir critiqué la semaine dernière labandon du principe des « Spitzenkandidaten », qui voudrait que le président de la Commission soit une des têtes de listes élues au Parlement européen, le trio de présidents intérimaires du SPD est de fait resté discret.

Exaspération de la CDU « Le SPD na aucun intérêt à faire campagne contre Ursula Von der Leyen, lopinion publique ne le comprendrait pas car Angela Merkel a strictement respecté ses engagements en faisant tout son possible pour faire élire une des têtes de listes du Parlement européen », souligne Ursula Münch, directrice de lAcadémie déducation à la politique, à Tützing.

. La prise de distance du SPD à Berlin ne suffit cependant pas à apaiser lexaspération des conservateurs.Il est fâcheux que la politique intérieure allemande simpose ainsi sur la scène européenne.Dautant que la vice-présidente sociale-démocrate.....


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