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13 12.07.2019 03:00:15 03:00

L'Asie n'est pas le seul terrain de jeu de la banque des infrastructures

Pour la première fois depuis son lancement en 2016, la banque asiatique pour les investissements dans les infrastructures (AIIB), modèle chinois de la banque de développement, délocalise son assemblée annuelle: cest à Luxembourg que létablissement multilatéral, créé et contrôlé par la Chine -elle en détient 30% du capital et 27,5% des droits de vote-, a choisi de se réunir en fin de semaine.

Malentendu A lordre du jour figure notamment lextension de son champ dintervention hors dAsie. LAIIB, initialement, était destinée à financer majoritairement des projets dinfrastructures en Asie. Quitte à démarrer sur un énorme malentendu avec les membres. «Certains pays Européens ont espéré au départ que les fonds de lAIIB allaient déferler sur le Vieux Continent pour financer des routes ou des ponts.

Or, cet objectif navait jamais été envisagé » se rappelle Jean-François Di Meglio, président dAsia Centre. Et pourtant: même focalisée sur lAsie, la banque dinvestissement « peut financer un projet partout dans le monde » explique son porte-parole. Cela, dans la limite de 15% de ses opérations annuelles.

Elle a ainsi participé, par exemple, à deux projets en Egypte, lun dans le traitement de leau, lautre pour un parc solaire et un autre à Oman (internet rapide). Si lItalie, qui a rejoint récemment la « Belt and Road Initiative » en formule la demande, elle peut faire financer certains projets par la banque.

En dehors de ces cas spécifiques, la Chine, rejointe par dautres membres notamment Européens souhaite porter à 25% la part dopérations financées hors Asie. Ils se trouvent face à lInde qui a été jusquici le principal bénéficiaire des projets financés et qui ne veut pas l aisser cette structure devenir une sorte de « Banque mondiale-bis » .

Taille modeste Avec 218 employés, lAIIB reste un établissement de taille modeste qui, depuis son lancement, a financé 40 projets pour un montant de 8 milliards de dollars. Pour la Chine, lAIIB doit avant tout rester une vitrine neutre. Le régime de Xi Jinping est déjà suffisamment exposé avec sa « Belt and Road intiative » qui conduit à des situations de surendettement pour ne pas ouvrir un autre front avec la banque pour les infrastructures.

Cest la raison pour laquelle les financements de projets importants restent surtout lapanage des banques nationales chinoises. LAIIB, qui ne fait pas de prêts en Renminbi se positionne comme un établissement respectueux de normes sociales et environnementales internationales. Deux grands absents La France souhaite que létablissement bancaire sengage sur des objectifs chiffrés pour des projets compatibles avec les Accords de Paris de 2015.

Lors de lassemblée annuelle, la banque dinvestissement va procéder à quelques aménagements de son conseil dadministration. Elle va notamment entériner la nomination dun Français, Philippe OQuin, pour le siège représentant les pays de la zone euro. Le fonctionnaire de Bercy et ancien ambassadeur de France en Islande est nommé administrateur.

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code de nouvelles: 192077  |  Les Échos
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