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3 12.07.2019 03:00:29 03:00

Ce que dit la sexualisation des adolescentes de la société japonaise

Temps de lecture: 10 min Disons-le une bonne fois pour toutes: le Japon na pas le monopole de lexploitation et de la sexualisation des enfants à des fins mercantiles. Parmi les exemples les plus criants, citons les compétitions de mini-miss qui mettent en scène des petites filles grimées en adultes, dans des postures parfois aguicheuses.

Inventés aux États-Unis, ces concours de beauté ont été tardivement interdits (2014) en France aux moins de 13 ans, mais ils subsistent sur internet.Par ailleurs, limmense succès dartistes comme Britney Spears et Alizée, 16 ans à lépoque des très suggestifs «Baby One More Time» et «Moi… Lolita», illustre nettement le pouvoir de fascination des adolescentes érotisées auprès des adultes.

Mais il y a un tabou. «On ne sautorise pas, en Occident, à admettre que les nymphettes exercent une emprise réelle sur le grand public», estime Agnès Giard, anthropologue, membre de léquipe de recherche EMTECH à lUniversité libre de Berlin et autrice de Limaginaire érotique au Japon.

Au pays du Soleil-Levant, toutefois, la possibilité de fantasmer sur des enfants paraît plus assumée, tolérée, et donc visible, du fait de plusieurs spécificités culturelles et sociologiques.À LIRE AUSSI Britney Spears, condamnée à vivre pour les autresIdoles pop et pin-upDans une scène du documentaire Tokyo Girls(1), des chanteuses tout sourire rencontrent leurs fans –tous des hommes–, échangent quelques mots et leur serrent chaleureusement la main.

A priori, rien dextraordinaire, bien que lécart dâge entre ces filles parfois mineures(2) et certains membres de leur public puisse surprendre. «Au Japon, ce geste a une connotation sexuelle, commente Masayoshi Sakai, un analyste économique interrogé par la réalisatrice Kyoko Miyake.

Ce contact est normalement interdit par les mœurs, mais la société a évolué et la poignée de mains est devenue quelque chose de banal. Cétait très malin de mettre en place des séances de poignées de mains: lartiste nest pas censée avoir une conscience sexuelle, mais celui qui lui serre la main peut en tirer une certaine satisfaction physique, cest un compromis légal.

» Cette proximité encadrée –les séances sont chronométrées, aucun dérapage nest admis...– permet ainsi détablir un contact concret, intime, avec des chanteuses qui, de leur côté, sont tenues de jouer le jeu. Fabriquées de toutes pièces par des agences spécialisées qui leur interdisent contractuellement de se mettre en couple, ces.

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