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« Les équipes de la Croix-Rouge française sont à pied d’œuvre pour contenir l’épidémie d’Ebola »

La Croix : Pourquoi l’urgence sanitaire mondiale a-t-elle été déclarée par l’OMS ?Violaine Saget Louissaint : Le 14 juillet, un cas a été détecté positif à Goma. Cette personne provenant de Butembo, a réussi à atteindre Goma sans être inquiétée avant d’être réceptionnée dans un centre de santé et est malheureusement décédée.

En soit le risque épidémique n’a pas changé, mais le fait qu’une défaillance du système de surveillance ait failli mener à une catastrophe dans une ville d’envergure comme Goma a poussé l’OMS à réagir et à déclarer l’urgence sanitaire de portée mondiale.Six questions pour comprendre le virus EbolaEn effet, Goma est une immense ville, de plus d’un million d’habitants, un carrefour commercial de la sous-région avec un aéroport desservant Kinshasa, Kampala et Addis-Abbeba.

Il est difficile de contrôler à 100 % les flux de personnes dans toute cette zone, notamment avec l’insécurité qui ne permet pas d’agir partout.Quelles sont les urgences sur le terrain pour contenir l’épidémie ?V.SL : La sensibilisation des populations pour s’assurer qu’elles connaissent la maladie, reconnaissent ses symptômes et viennent se faire soigner dans les centres de santé en cas de doute.

La vaccination des cas qui auraient été en contact avec un malade, le suivi de ceux qui ont été en contact avec lui, la prise en charge des patients principalement en les réhydratant…Il faut aussi se pencher sur les enterrements des victimes d’Ebola car c’est à ce moment-là que la maladie est la plus contagieuse.

J’ajouterai la sécurisation des centres de santé. Lors de la précédente épidémie en Afrique de l’Ouest, ils avaient été en partie désertés par les populations car elles craignaient d’y contracter Ebola…Quels sont les dommages collatéraux de l’épidémie dans le Kivu ?V.SL : Le personnel soignant local, mais plus largement toute personne de la zone ayant participé à la riposte, a pu constater à un moment une défiance de la part de la population.

Dans la continuité des thèses complotistes, le personnel peut être accusé d’être de mèche avec les organisations internationales, ou être accusé de vouloir que la maladie se poursuive pour une question d’argent.La riposte a un réel impact sur le système de santé classique qui se focalise à 100 % sur Ebola, au risque de mettre de côté d’autres crises d’importance.

C’est ce qui peut se passer avec l’épidémie de rougeole qui, silencieusement, a déjà fait plus de victimes cette année qu’Ebola, ou avec d’autres maladies comme le choléra.Quelles sont les difficultés rencontrées par vos équipes ?V.SL : Certaines zones trop éloignées souffrent d’une difficulté d’accès importante qui ne peut permettre un déploiement optimal des équipes.

. L’accessibilité liée à la sécurité est un autre problème, et certaines zones deviennent inaccessibles pour les équipes de la riposte car trop dangereuses. C’est le cas des territoires sous contrôle de groupes armés ou des zones de conflits, comme.....


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