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Violences faites aux femmes, le délicat travail des psychologues en commissariat

Dessins colorés aux murs, fauteuils en cuir noirs et boîte de mouchoirs sur la table basse. Le bureau de Charlotte Broussoux ressemble à celui de n’importe quelle psychologue. À ceci près qu’il se situe au sein du commissariat de la Goutte d’Or, dans le 18e arrondissement de Paris, au même étage que la brigade de la protection de la famille et l’assistante sociale.

La professionnelle de 33 ans y reçoit les victimes d’agressions mais aussi de violences conjugales, qui constituent la majeure partie de son activité.Pour les femmes victimes, la reconstruction reste un parcours du combattantÀ l’échelle de la France, quelque 70 psychologues travaillent en commissariat, comme Charlotte Broussoux.

C’est l’un des dispositifs de lutte contre les violences au sein du couple, violences qui provoquent la mort d’une femme tous les trois jours et qui vont faire l’objet d’un « Grenelle » début septembre.Besoin d’être rassuré« Après avoir pris la plainte de la personne, les policiers l’orientent vers moi », explique Charlotte Broussoux.

Un rendez-vous est alors pris pour la semaine suivante, là où il faut attendre plusieurs mois avant d’être reçue au centre médico-psychologique local. Les entretiens sont autant de cas particuliers : besoin de vider son sac et d’être rassurée, questions matérielles liées au logement, discussion des suites policières et juridiques.

La psychologue met en relation l’intéressée avec l’assistante sociale et des associations, fixe un nouveau rendez-vous si besoin, parle du téléphone « grand danger » aux plus vulnérables. « Si une femme arrive en état de choc, en pleurs, on peut intervenir tout de suite », souligne Céline Joubin, qui pour sa part exerce à l’hôtel de police de Strasbourg.

Du discours au terrain, il y a un mondeAvant d’en arriver à ce système bien rodé, il a fallu du temps. La présence de psychologues en commissariat se développe à partir de 2006. C’est une idée de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, pour renforcer les droits de la victime face à ceux du mis en cause.

Mais, du discours au terrain, il y a un monde. « À mon arrivée, j’ai rejoint l’assistante sociale. C’est en voyant que deux personnes s’occupaient des violences faites aux femmes que beaucoup de policiers ont pris conscience de l’importance du sujet », se souvient Céline Joubin.Avec le temps, chacun a appris à connaître les contraintes de l’autre et à travailler ensemble.

La sensibilisation aux violences conjugales, intégrée à la formation initiale des policiers, a progressé. « Il faut mener un travail de sensibilisation régulier pour être bien identifiée par les policiers et l’ensemble des acteurs du territoire », relève Élodie Caps, psychologue au commissariat de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

.« Il faudrait doubler le nombre de professionnels »Reste que l’action en commissariat présente de nombreuses limites. Elle est tout d’abord concentrée sur une partie du territoire, principalement les grandes.....


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