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Une chanson sur le ramadan crée la polémique au Danemark

Chaque mercredi matin, à huit heures et demi, la foule investit le hall de la bibliothèque centrale de Copenhague. Si ces femmes et ces hommes se retrouvent ici avant de partir au travail, ce n’est pas pour emprunter des lives. Mais pour entonner, ensemble, des chants traditionnels, selon la tradition du «morgensang».

Ce moment de partage très répandu le pays entretient la cohésion sociale. Mais il peut aussi générer des tensions.» LIRE AUSSI - Le Danemark veut priver de nationalité les enfants de djihadistes Une controverse est née fin juillet à propos des premières sélections pour l’édition 2020 du Recueil de chants du lycée.

À chaque nouvelle réédition, des chansons démodées sont retirées au profit de titres plus récents. L’opération provoque souvent des conflits quand certains voient leur chanson favorite disparaître. Mais pour cette dix-neuvième édition, parmi la centaine de titres compilés, une chanson sur le ramadan fait particulièrement grincer des dents.

Raconter le Danemark du point de vue d’un musulmanComposée par un rappeur danois d’origine marocaine, Ramadan in Copenhagen a été présélectionné pour faire partie des morceaux choisis. «Si je dois être le premier musulman à contribuer à ce livre, je vais vous raconter à quoi ressemble le Danemark de mon point de vue», a affirmé son auteur, Isam B.

, alias Isam Bachiri.Le morgensang est une pratique culturelle très répandue au Danemark. De nombreux enfants apprennent les chants du Recueil de chants du lycée à l’école, l’anthologie officielle des titres les plus appréciés dans le pays. Certains étudiants perpétuent la tradition à l’université en formant des corporations, et les chants résonnent même pendant les meetings politiques.

«On peut dire que c’est devenu une partie de la colonne vertébrale de la démocratie danoise», affirme au New York Times Kristine Ringsager, professeure assistante d’anthropologie à l’Université d’Arhus. À tel point que Le Recueil de chants du lycée, est lui-même devenu un symbole national. Né au XIXe siècle dans les établissements éducatifs populaires offrant des cours pour les plus de 18 ans, c’est le livre le plus vendu au Danemark avec plus de 450.

000 exemplaires vendus depuis 2006. «Les chants qui y sont compilés sont considérés comme étant un trésor qui représente ce que signifie être danois», poursuit Kristine Ringsager.«Le comité est en train de décider pour le peuple»Pour Jorgen Carlsen, un des six membres du comité de sélection, la chanson a sa place dans l’anthologie.

«Quatre à cinq pour cent de la population danoise a un fonds culturel musulman, confie-t-il au New York Times. Mais pour une partie de la population, représentée notamment par le Parti du peuple danois, d’extrême droite, la fête musulmane n’a rien à faire dans cette expression de l’identité nationale.

.» LIRE AUSSI - Danemark: les étranges concerts sous l’eau des musiciens en aquarium «Jusqu’en 2006, à chaque fois qu’une chanson du recueil était modifiée, c’était pour ajouter un.....


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