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Panama: l’étau se resserre autour des évadés fiscaux français

Cela valait bien le premier déplacement d’un ministre français au Panama depuis 2012. Main dans la main contre l’évasion fiscale, le ministre de l’Action et des Comptes publics français, Gérald Darmanin, et son homologue panaméen, Hector Alexander, ont signé lundi un mémorandum pour faire de cette lutte une ambition commune.

Leur texte prévoit la «création d’un groupe spécial bilatéral» qui se réunira deux fois par an et aura pour objectif de renforcer la coopération et l’échange d’informations entre les deux pays. Le but pour les deux pays est évidemment d’éviter un nouveau scandale comme celui des Panama Papers, révélé en 2016.

Le pays d’Amérique centrale souhaite aussi, de son côté, se racheter une conduite à l’international.» LIRE AUSSI - Comment le fisc vous espionne Car alors qu’il avait été retiré de la liste des paradis fiscaux par de nombreux pays, y compris par la France en 2012, ainsi que par le Groupe d’action financière internationale, organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent, le Panama y avait fait son retour en 2016 à la suite du scandale.

Le pays est accusé de pratiquer un taux d’imposition faible ou inexistant, de manquer de transparence, d’avoir une législation empêchant l’échange d’informations, et d’être trop tolérant envers les sociétés écran ayant une activité fictive, selon les normes de l’OCDE. Cette liste noire est un obstacle évident pour attirer les entreprises et les investisseurs étrangers, qui pourraient se trouver pénalisés dans leur pays d’origine.

500 dossiers douteux en France après les «Panama Papers»C’est pourquoi le nouveau président, Laurentino Cortizo, investi en juillet, avait mis au cœur de sa campagne cet engagement de lutte contre l’évasion fiscale et cette promesse de redorer l’image de son pays. Et le choix de faire de la France l’un des tout premiers interlocuteurs de sa mandature n’est pas anodin.

En 2016, au moment de l’éclatement du scandale, 500 dossiers douteux concernaient l’Hexagone, a indiqué le ministre français des Comptes publics. Depuis, 50 dossiers sont arrivés au terme de leur enquête et «130 millions d’euros ont été demandés aux fraudeurs», a précisé Gérald Darmanin. Un chiffre susceptible d’augmenter, informait Bercy en avril dernier.

Au total, 1,2 milliard d’euros avaient été recouvrés par 22 pays. Une cinquantaine d’autres dossiers issus du Panama se trouvent entre les mains de Bercy, ajoute le cabinet du ministère. Par ailleurs, selon une étude de fin 2017, les Français détiendraient en tout 300 milliards d’euros dans les paradis fiscaux.

C’est donc en améliorant sa communication via des accords bilatéraux que le nouveau président panaméen espère quitter ces listes noires. Il s’est même fixé un objectif temporel: «dans un an». L’engagement est donc désormais pris avec la France, qui, dans l’accord signé hier, reconnaît officiellement «les efforts réalisés en matière de mise en œuvre des normes du Forum mondial de l’OCDE».

. Cette résolution pourrait.....


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