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3 04.09.2019 19:32:00 19:32

Aude : 21 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint depuis 2006

C'est dans un contexte de fortes hausses dans l'Aude des plaintes pour des violences faites aux femmes que s'ouvre, cette semaine, la déclinaison départementale du "Grenelle des violences conjugales". Trois pour la seule année 2018, vingt-et-une depuis 2006 : les chiffres des féminicides recensés dans l'Aude sont secs et peuvent sembler peu élevés.

Mais au-delà de l'atrocité des femmes tuées par leur conjoint ou par leur ex-conjoint, il y a le contexte général des violences intrafamiliales. Et c'est dans une tendance à la hausse que va être lancée ce jeudi par la préfecture la déclinaison audoise du "Grenelle des violences conjugales", initié mardi par le Premier Ministre Edouard Philippe, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, et la Garde des Sceaux Nicole Belloubet.

En 2018, 588 femmes avaient déposé plainte pour des violences au sein du couple dans le département, soit 50 plaintes de plus que l'année précédente, et le double par rapport à l'année 2010. Certes, cette hausse des plaintes ne tient pas seulement à l'augmentation des violences mais également à la libération de la parole ainsi qu'aux efforts pour accompagner les femmes victimes vers la démarche de la plainte, souvent très difficile à engager.

C'est pourquoi, depuis le mois de janvier dernier, l'Aude dispose d'un deuxième poste d'intervenante sociale police et gendarmerie (ISPG). La première ISPG du département, en poste depuis 2009, est intervenue sur près de 500 cas tous les ans. Franchir le pas de la plainte"Le nombre de plaintes, dans l'Aude, est passé de 220 en 2010 à près de 1 000 en 2017" confirme le sénateur audois Roland Courteau (PS), investi depuis près de quinze ans dans un combat répressif et préventif pour "éradiquer ce fléau".

"Ce n'est pas forcément parce que les violences elles-mêmes ont progressé, mais parce que le fait d'en parler a permis à plus de femmes de franchir le pas de la plainte", souligne l'élu qui a pris conscience du phénomène lors de son mandat de conseiller général à Narbonne, au début des années 2000, en parcourant les rues et cages d'escalier de son canton.

En 2005, c'est sous les sarcasmes de certains de ses collègues ("c'est des affaires de bonne femme", "c'est du privé", "pourquoi tu te mêles de ça") qu'il engage une réflexion sur un sujet "pas vraiment considéré comme prioritaire à l'époque", euphémise-t-il.

Il faudra un an avant que son projet de loi termine la navette Sénat-Assemblée et aboutisse à la "loi Courteau" du 4 avril 2006, qui renforcera l'arsenal pénal de réponse aux violences faites aux femmes.Enfin reconnu comme un problème de sociétéÀ l'aube du "Grenelle",....

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code de nouvelles: 270163  |  L'Indépendant
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