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26 09.09.2019 23:06:53 23:06

La délicate disparition des régimes spéciaux de retraite

La réforme des retraites entre dans une phase délicate. Le gouvernement va devoir dévoiler comment il compte intégrer les régimes spéciaux de retraites à son futur régime universel par points, qui rentrera en vigueur début 2025. En théorie, cela suppose que les avantages acquis dans certains régimes disparaissent, à terme.

Évidemment, les professions concernées ne sont pas de cet avis et la bascule sannonce très difficile. À la RATP, par exemple, plusieurs syndicats sapprêtent à faire grève le 13 septembre, dont lUnsa, pourtant parmi les plus modérés, qui considère les départs anticipés à la retraite comme une compensation des obligations liées au service public (travail le week-end, pénibilité, etc.

).Un rapport de la Cour des comptes sur les régimes spéciaux de la SNCF, de la RATP et des industries électriques et gazières paru en juillet permet de faire le point sur les différentes options, plus ou moins dures, qui soffrent au gouvernement.Lire aussi Réforme des retraites : reculer pour mieux sauterIl est dabord utile de rappeler de quoi on parle.

Les magistrats financiers de la rue de Cambon ont fait marcher leur calculette : ces trois régimes spéciaux – il y en a bien dautres – sont financés à hauteur de 5,5 milliards deuros par an par les contribuables, dont 3,3 milliards pour la SNCF en 2017 et 681 millions deuros pour la RATP qui gère les transports en Île-de-France.

En ce qui concerne les industries électriques et gazières (IEG), cest le consommateur qui paye via une taxe : la contribution tarifaire dacheminement, pour plus de 1,5 milliard deuros en 2017. « Les cotisations des salariés et des entreprises (qui appartiennent pour la quasi-totalité dentre elles au secteur public) ne constituent pas, en effet, des ressources suffisantes et ne représentent que 36 % du financement des retraites à la SNCF, 41 % à la RATP et 68 % pour les IEG », souligne la Cour dans son rapport.

Mais ces sommes ne sont pas uniquement dues à des avantages spécifiques pour les agents de ces régimes. Elles tiennent dabord à une démographie défavorable. « Le nombre de cotisants par retraité des régimes spéciaux est sensiblement inférieur à celui du régime général, et jusquà deux fois moins élevé dans le cas du régime de la SNCF », souligne la Cour des comptes.

Les avantages, essentiellement le droit à un départ précoce pour certaines catégories de salariés et des majorations de pensions, absorbent en réalité un tiers de la somme, soit 1,8 milliard en 2017, selon la Cour.Des cotisations plus élevées pour maintenir des avantages  ?« En 2017, lâge conjoncturel de départ à la retraite était de 57,7 ans dans les IEG, 56,9 ans à la SNCF et 55,7 ans à la RATP, contre 59,2 ans à la fonction publique hospitalière, 61,6 ans dans les collectivités territoriales, 61,3 ans pour les fonctionnaires civils de lÉtat et 63 ans au régime général.

. Environ 40 % des nouveaux retraités de la RATP bénéficient dun abaissement de 10 ans par rapport au régime général ; cest le cas également dun.....


code de nouvelles: 277808  |  Le Point
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