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3 11.09.2019 16:41:14 16:41

Pesticides : « Nous avons le droit de ne pas être empoisonnés »

Il dénonce depuis plus de vingt ans lusage excessif des pesticides dans notre agriculture, évoquant, livre après livre, la nocivité des produits phytosanitaire et le cynisme des grands groupes agro-chimiques. Après avoir créé, en 2018, le mouvement Nous voulons des coquelicots pour pousser nos élus à interdire les épandages en France, Fabrice Nicolino, 64 ans, publie un nouvel essai* dans lequel il pointe lenjeu sanitaire que représentent des fongicides très répandus pour combattre notamment les champignons : les SDHI (Succinate DeHydrogenase Inhibitor).

Le Point : Le gouvernement vient de lancer une consultation citoyenne au sujet des pesticides. Il promet prochainement un arrêté fixant des règles pour éloigner la pulvérisation de produits sanitaires des habitations. Auriez-vous été entendu  ?
Fabrice Nicolino, 64 ans, est journaliste et essayiste.

© DRFabrice Nicolino : Cest une farce  ! Cette grande consultation est une blague. Lors du premier conseil des ministres de rentrée, on sait, grâce à des indiscrétions, que le président a pointé deux catégories de personnes à « ne pas fâcher » : les urgentistes et les agriculteurs. Je ne peux mempêcher de penser que cette histoire de consultation dissimule un cadeau à la FNSEA.

Car soyons clair : le débat qui entoure la distance qui doit séparer les habitations des zones dépandage est ridicule. Quon la fixe à 5 ou 10 mètres, cela na pas de sens. Les pesticides ne sont pas statiques. Ils circulent dans leau, se répandent dans le sol avec la pluie et se retrouvent même en suspension dans lair.

On croit entendre les discours sur le nuage radioactif de Tchernobyl dont nos dirigeants prétendaient quil sétait arrêté, en avril 1986, aux frontières de la France. Cest absurde.Lire aussi Coignard - Les charmes ambigus de la « concertation citoyenne »Pourquoi  ?Mais tout simplement parce que lorsquon vaporise un produit dans latmosphère, une partie se retrouve à circuler à cause des vents.

Lair de nos villes est aussi pollué par les pesticides que celui de nos campagnes. Il ny a pas que dans les bourgs ruraux que les produits phytosanitaires posent problème. Le combat du maire de Langouët en Bretagne est digne et courageux. Mais la fronde des maires de banlieue en témoigne, les herbicides nempoisonnent pas seulement nos concitoyens qui vivent dans des régions agricoles.

Cest un problème sanitaire national  ! Et je salue ces élus de banlieue qui le répètent, au premier chef desquels figure Florence Presson à Sceaux. Comme je rends hommage aux maires de Gennevilliers, du Perray-en-Yvelines, dArcueil ou encore de Malakoff qui militent pour linterdiction des pesticides.

Lire aussi Chevallier - Pourquoi il faut soutenir les maires antipesticides Ce nest pas en éloignant les épandages quon va protéger les gensCest le Conseil dÉtat qui a exigé, le 26 juin 2019, que les autorités édictent de nouvelles règles en matière dépandage. Pensez-vous que la voie judiciaire soit la seule possible pour se faire entendre.

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code de nouvelles: 280639  |  Le Point
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