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Vallée de l'Orbiel : la chercheuse Annie Thébaud-Mony pointe "la responsabilité accablante de l'Etat"

Sociologue spécialiste des maladies professionnelles, fine connaisseuse du site de Salsigne où elle a mené une étude pluridisciplinaire pour faire le lien entre cancers pulmonaires et exposition à l'arsenic, Annie Thébaud-Mony participera samedi à deux réunions publiques organisées par les associations de défense des riverains de la vallée de l’Orbiel pour dispenser ses connaissances en matière de pollution.

Pourquoi avez-vous accepté de participer à ces réunions publiques ?Il y a d’une part le fait que je suis une des chercheuses qui travaille depuis très longtemps, 30 ans, sur la question des cancers professionnels associés à des substances toxiques. Pour avoir travaillé pendant quatre à cinq ans à Salsigne même sur les maladies professionnelles liées à l’exposition à l’arsenic et aux poussières de minerais, j’estime que j’ai une expérience indispensable à partager.

Ma venue est aussi liée à une demande explicite de familles et de résidents de la vallée. Très vite, vous avez alerté sur les dangers encourus par les personnes qui sont intervenues dans les sites inondés, avec leur exposition aux polluants venus des anciens sites miniers.

L’agence régionale de santé (ARS) a toujours minoré le risque.On parle de cancérogènes majeurs, puissants. Il n’y a pas de petite dose, toute dose est dangereuse. D’autant plus qu’on parle d’une population qui peut déjà être en contact avec d’autres cancérogènes, si l’on songe aux pesticides qui peuvent être employés dans une région agricole.

Les expositions subies par les pompiers, les bénévoles pendant les jours ou semaines où ils ont été exposés viennent se cumuler à ces précédents contacts. L’ARS n’a aucune légitimité scientifique pour dire qu’il n’y a pas de danger, que c’est un risque négligeable. Enfin, si on se réfère à la réglementation, et à la directive européenne et sa transcription française sur l’exposition aux cancérogènes, la première mesure doit être la substitution.

A défaut, il faut privilégier l’absence de contact.Quatre médecins de Conques ont mis en doute le seuil de 10 µg d’arsenic retenu pour mesurer l’exposition des enfants.Cette intervention m’a choquée, scandalisée. D’abord parce qu’ils n’ont pas les connaissances, même s’ils justifient leur position par des publications.

Ces médecins auraient pu opposer aux publications qu’ils citent la dernière monographie du CIRC, avec une expertise collective approfondie de toute la littérature internationale. Et le CIRC affirme de façon extrêmement précise la toxicité de l’arsenic à très faible dose. Qu’est-ce qu’on attend de généralistes ? Qu’ils soient à l’écoute des populations, pas qu’ils entrent dans une controverse scientifique.

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code de nouvelles: 281368  |  L'Indépendant
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