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9 12.09.2019 02:01:33 02:01

Meurtre de son épouse à Perpignan: "Il a essayé de vivre à contre-nature…"

Au terme de trois jours de procès, Madani Khelouf, 45 ans, a été condamné hier à 22 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des P.-O. pour le meurtre de son épouse, alors âgée de 26 ans, le 4 novembre 2016 à Perpignan. Il a suffi d’une minute avant qu’elle ne perde connaissance.

Cinq minutes d’éternité à voir la vie quitter son corps jusqu’à ce que les deux mains de son mari, sur son cou, ne desserrent leur puissante étreinte meurtrière. Madani Khelouf aurait pu s’arrêter. Une fois qu’il lui avait asséné ces deux coups de clef à cliquet sur le crâne auxquels elle aurait survécu, assure le légiste.

Il aurait pu la laisser partir quand, après le premier choc, Sabrina s’est retournée et lui a demandé : « Mais pourquoi ça ? » Pourquoi ?…. « Ce sont la liberté et l’émancipation qui ont été tuées. Lâchement, sauvagement, froidement. En traître. Et avec préméditation », scande Me Hicham Koulli, l’avocat des proches de la victime qui réclame « une peine exemplaire ».

« Il a élaboré un plan qui n’a pas abouti : faire venir une femme d’Algérie qu’il pourrait posséder et qui se tairait. Mais il est tombé sur une femme affirmée ». Qui, croyante musulmane, ne pouvait accepter de poursuivre sa vie avec lui, quand elle a découvert son homosexualité et qui a été sacrifiée, sans pouvoir livrer son secret au nom d’un « honneur de famille dévastateur ».

« Ce sont la liberté et l’émancipation qui ont été tuées »ourquoi ? Pour des causes multiples, reprend l’avocate générale Mme Straub. « L’émancipation insupportable de sa femme, sa volonté de divorcer, le fait que cela aurait révélé son orientation sexuelle… Parce qu’elle allait partir, c’était définitif ».

« L’intention de tuer ne souffre aucun doute, développe-t-elle, requérant une peine de 27 ans de réclusion criminelle. Ce n’est pas le schéma du gros violent qui frappe depuis toujours. Je ne retiens pas l’assassinat. Mais ce n’est pas une connerie comme il dit, il est pleinement responsable de ce crime ».

Non. « Parce que son discernement était aboli », plaide l’avocat de Madani Khelouf, Me Louis Dolez. Il était dans un état second et a été débordé par une pulsion ». En cause : « Le sentiment d’abandon, le désarroi et le sentiment de honte d’avoir été une nouvelle fois confondu dans son péché.

Quand elle part, il est plongé dans l’anxiété, ne dort plus, ne mange plus, s’automédique avec du Lexomil. Il a essayé de vivre à contre-nature. Ce troisième divorce c’était la signature de son homosexualité ». « Non, bataille-t-il, ce n’est pas un monstre. Il a commis un acte que l’on.

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code de nouvelles: 281534  |  L'Indépendant
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