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Sénégal : à Mbour, au cœur du marché aux poissons

Il est 17 heures, la plage de Mbour au Sénégal, voit débarquer des centaines de pirogues multicolores. Cest lheure du retour de pêche. Dans le fourmillement qui se joue là se niche une organisation réglée au millimètre. Mais doù vient tout ce poisson  ? Où va-t-il  ? Ibou « sans H, car je dors la nuit » comme il aime se présenter, a vécu ici toute sa vie et connaît les réponses par cœur.


La criée de Mbour juste avant la tombée de la nuit. © Jane RousselLire aussi Sénégal - Aywajieune : pour limiter les invendus chez les pêcheursLe soir, après une journée de pêcheLAtlantique est dordinaire plutôt calme à cet endroit de la Petite Côte. Leau est cristalline, les baigneurs peu nombreux.

Quelques chiens vagabonds piquent une tête ou dorment dans le sable. Mais 10 mètres plus loin, en fin daprès-midi, Mbour change de visage. Le bleu de leau disparaît sous les assauts des pirogues qui accostent.
MBour est le second port de pêche du Sénégal après Dakar. Il exporte principalement les produits de la pêche vers les pays limitrophes et lUnion Européenne.

  © Jane RousselSur une boue difficile à identifier : mélange dhémoglobine, de sang, de sel, de détritus divers, nos pieds pataugent et glissent. Mais ceux des dockers avancent à vitesse grand V depuis la mer jusquaux hangars. Équipés en 100 % caoutchouc, ils fendent la foule en direction des stands à approvisionner et des camions à remplir.

Véritable festival de raies manta, bébés requins, poissons volants, barracudas, dorades, soles... Mais doù vient tout le poisson  ? Un litre de jus de poisson frais séchappe dune caisse. Pas décontenancé du tout, Ibou commence à décrypter : « les caisses pèsent au moins 30 kilos chacune, les porteurs sont payés au nombre quils rapportent.

 » Pas de temps à perdre. Les quantités et la diversité de poissons pêchés font tourner la tête. Ou peut-être est-ce lodeur  ? Sous 30 degrés, malgré la nuit qui commence à tomber, les pirogues ne cessent de déverser. Ibou explique, la mer au Sénégal est réputée pour être lune des plus poissonneuses du monde.

En témoigne le plat national, thiéboudienne, à base de dorade  ! Léconomie du pays tourne en grande partie autour de cette ressource.
Les femmes attendent le retour de leur mari pêcheur pour aller vendre le poisson sur le marché. © Jane RousselLa pêche, une économie qui a évoluéAu départ, la pêche servait à satisfaire les besoins nutritionnels de la population sénégalaise, déjà bien élevés : 23 kilos annuels par personne, contre 19 kilos en moyenne dans le reste du monde.

Puis la pêche industrielle sen est mêlée et le besoin a laissé place à loutrance. Au point dappauvrir les eaux du deuxième pays producteur de poisson dAfrique de lOuest. Entre 400 000 et 500 000 tonnes chaque année seraient extraites de cette partie de locéan Atlantique, selon un rapport de la Direction des Pêches Maritimes publié en 2018.

. Des chalutiers de Chine et dEurope viennent se servir allègrement. Bref, leau nest plus si nourricière,.....


code de nouvelles: 281870  |  Le Point
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