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Mali : Dicko, l'« imam du peuple », de plain-pied dans la politique

Quon se le dise, le Mali vient de vivre un moment qui devrait rester dans les annales : celui où un puissant chef religieux musulman bascule ouvertement avec force structure, pour ne pas dire parti, dans le champ politique. Et limam Mahmoud Dicko ne le fait pas sur la pointe des pieds. En lançant, le 7 septembre dernier, la CMAS, la Coordination des mouvements, associations et sympathisants, le populaire imam Mahmoud Dicko na pas mâché ses mots.

Devant 4 000 fidèles réunis dans le palais de la culture de Bamako, ce partisan dun islam rigoriste a attaqué bille en tête les autorités. De quoi compliquer de plus en plus la tâche du premier dentre elles, à savoir le président Ibrahim Boubacar Keïta. Léquation nétait déjà pas simple pour IBK, mais désormais celui-ci va devoir faire avec une célébrité dotée dune autorité légitime.

Un nouveau défi, donc, pour IBK, qui entame un nouveau mandat à la tête dun pays miné par la violence et sous lemprise des terroristes dans plusieurs régions qui échappent au pouvoir central.Une attaque contre un système et ses maux« Mon problème, cest ceux qui ont trahi le peuple malien. Cest à eux que je madresse.

Mon combat, cest dabord contre eux », a déclaré limam, fustigeant « une corruption à ciel ouvert et endémique » et « une gouvernance catastrophique ». La veille, la Cour constitutionnelle avait eu beau publier un communiqué prévenant que « les partis politiques ne doivent pas porter atteinte à la sécurité et à lordre public » et quaucun « ne peut se constituer sur une base ethnique, religieuse, linguistique » sous peine de sanctions, lavertissement est resté lettre morte.

Le prêcheur sestime aujourdhui trop puissant pour craindre les foudres dun pouvoir affaibli, qui risqueraient de provoquer une révolte chez les nombreux Maliens qui apprécient ses diatribes populistes. Sen prendre à un imam qui ose mettre sur la place publique ce que tout le monde pense nest pas chose aisée, surtout dans un pays où cela ne peut quaugmenter sa popularité et risquer de créer un nouveau facteur de déstabilisation alors que lÉtat de droit ne cesse de reculer.

Dautant que limam Dicko se garde bien de franchir la ligne rouge. Il choisit toujours de prononcer des propos ambigus. Une tactique vue ailleurs chez des islamistes qui cherchaient à prendre le pouvoir. « Je ne suis pas faiseur de rois ni président, je veux faire la paix », a précisé limam. Pour le coordonnateur général de cette organisation qui ratisse large avec lislam comme dénominateur commun, la CMAS nest pas un parti, mais un mouvement qui a pour « idéaux » les visions religieuses, sociétales et politiques » de limam.

Or celui-ci nen est pas à son coup dessai.Lire aussi Mahmoud Dicko : « Je suis au Mali, qui est mon pays, dans lequel jai le droit de mexprimer »Mahmoud Dicko, un religieux qui scrute le champ politique...A 65 ans, ce nest pas la première fois quil met un pied dans le champ politique au nom dune « refondation » de la société, base dun programme qui ne veut pas.

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