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Au procès des « décrocheurs de portraits », la légitimité de la désobéissance en débat

« 1 000 € ça fait beaucoup pour des portraits qui en valent 10… » À la sortie du très médiatisé procès des « décrocheurs », Marion E. ironise. Accusés de vol en réunion, les huit militants d’ANV-COP21 ont tous assumé les faits qui leur étaient reprochés, lors de l’ouverture de leur procès, mercredi 11 septembre, au tribunal de grande instance de Paris.

Pourquoi des militants décrochent-ils les portraits officiels d’Emmanuel Macron des mairies ?Trois jeunes hommes et cinq jeunes femmes étaient poursuivis pour avoir « décroché » des portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies des IIIe, IVe et Ve arrondissements de Paris, afin de « dénoncer le vide de sa politique », ont-ils assuré.

À leurs côtés, un vidéaste, Vincent V., travaillant pour un média en ligne engagé, était jugé pour les mêmes faits.Une salle acquise à la cause des militantsAlors que les prévenus risquaient jusqu’à 75 000 € d’amende et cinq ans de prison, le procès s’est déroulé dans une ambiance plutôt légère, un lapsus de la présidente accusant les activistes d’avoir « décroché le président de la République », ayant immédiatement détendu l’atmosphère.

Dans une salle entièrement acquise à la cause des militants, ceux-ci ont tous décrit et assumé précisément leurs rôles respectifs dans les décrochages. « Oui, c’est bien moi qui portais le sac à dos qui a servi à transporter le cadre », affirme l’un. « Moi j’ai décroché le portrait présidentiel et je l’ai placé dans une pochette », assure l’autre.

Ils ont en revanche tenu à revendiquer la « non-violence » de leurs actes. « Nous faisons tous des formations pour apprendre à agir sans aucune violence verbale ou physique », a expliqué Thomas G.Climat, de simples citoyens prêts à la désobéissance civileAu-delà des faits, leurs quatre avocats ont donc choisi de mettre l’accent sur les profils des prévenus, « sans aucune mention dans leurs casiers judiciaires ».

Un colloque sur l’urgence écologiqueLeurs plaidoiries se sont concentrées sur « l’état de nécessité », en l’espèce environnementale, et les débats ont tourné autour de la notion de légitimité des actes poursuivis. Trois témoignages, « dont nous n’avons pas l’habitude » a admis la présidente, ont ainsi été entendus, dans un souci de contextualisation du geste des activistes.

Le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS ayant participé au rapport du Giec, a ainsi pu exposer la nécessité pour les gouvernements d’accélérer leurs politiques environnementales. « L’enjeu climatique va au-delà du fait scientifique, c’est un enjeu démocratique », a-t-il lancé.

Plus originale, la présence d’une adjointe à la mairie de Paris, Celia Blauel, chargée de la question environnementale, qui a affirmé « comprendre » les militants et « l’exaspération d’une partie des citoyens ». Enfin, le sociologue Manuel Cervera-Marzal a quant à lui insisté sur « l’efficacité » de la désobéissance civile dans l’histoire.

.Le procès s’est ainsi rapidement.....


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