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15 14.09.2019 13:09:57 13:09

Bioéthique, les députés s’indignent du traitement des enfants intersexes

« La bioéthique, c’est aussi corriger ce qui, dans la pratique, vient heurter nos principes éthiques. » C’est par ces mots, teintés d’une certaine émotion, que la députée LREM Laëtitia Romeiro-Dias a terminé son intervention pour justifier son amendement demandant l’arrêt des opérations précoces sur des enfants intersexes, vendredi 13 septembre au soir, à l’Assemblée nationale.

Le Sénat veut mieux connaître les personnes intersexesDix autres amendements, déposés par des députés de la majorité et de la gauche, portaient sur le même sujet. C’est dans la foulée de l’examen de l’article 21, qui permet à une femme mineure de ne pas informer ses parents de l’IMG (interruption médicale de grossesse) qu’elle s’apprête à subir, que ces onze amendements ont été discutés, pendant près de trois quarts d’heure, par la commission spéciale de l’Assemblée nationale sur la bioéthique.

L’ambiguïté sexuelle absente de la loiCe sujet des enfants présentant à la naissance une ambiguïté sexuelle – et subissant très jeunes des interventions chirurgicales qui visent à leur assigner un sexe, masculin ou féminin – ne figure pourtant dans aucun des 32 articles du projet de révision des lois de bioéthique.

« C’est un vrai sujet de société, on ne peut plus faire l’économie de ce débat », a justifié le député LREM Raphaël Gérard, également auteur d’un amendement sur ce sujet.Combien de personnes sont-elles concernées au juste ? « 1,7 % des enfants qui naissent », a assuré le député LFI Bastien Lachaud. Raphaël Gérard, lui, a plutôt parlé d’un à quatre pour mille.

« Cette question est fondamentale, même si on ne connaît pas les chiffres, car il s’agit d’enfants, et que le législateur a à cœur de défendre les plus faibles », a tranché le rapporteur LREM Jean-François Eliaou, partageant vraisemblablement l’indignation des auteurs de ces amendements.Des opérations vécues comme des « mutilations »Tous ont fustigé des opérations « extrêmement lourdes », « irréversibles », vécues comme des « mutilations » et pratiquées sans le consentement des intéressés, trop jeunes pour pouvoir s’exprimer.

« L’expérience a montré que plus du tiers de ces enfants regrettent le sexe qui leur a été assigné », a même affirmé le député LREM Jean-Louis Touraine, soulignant que la France a été « pointée du doigt par des organisations internationales ». Comme d’autres députés ayant parlé avant lui, il a demandé que ces enfants soient pris en charge dans des centres spécialisés, plutôt que d’être opérés.

« Reconnaître le sexe neutre change l’ordre juridique et social »S’indigner, oui, mais légiférer, pas encore. Voilà en substance la réponse apportée par là ministre de la santé Agnès Buzyn à ces interventions. « Toute opération qui n’est pas liée à une nécessité médicale est d’ores et déjà interdite », a-t-elle rappelé.

. Comme le rapporteur Jean-François Eliaou, elle a estimé qu’il serait imprudent, à ce stade, de modifier la loi. « On prendrait d’énormes.....


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