×
5 18.09.2019 13:53:10 13:53

«Moins d'amendements» ? La petite phrase de Macron qui fait grincer sa majorité

Il y a eu quelques rires et même une volée d’applaudissements. «C’était dit sur le ton de l’humour», minimise un député LREM pas tatillon. Mais d’autres, venus lundi soir écouter Emmanuel Macron, ont sursauté : «Le pouvoir exécutif qui donne ce genre de consigne au pouvoir législatif et mes collègues qui en plaisantent… j’étais sidéré», s’étonne l’un d’eux.

C’était à la fin du discours prononcé par le président de la République dans les jardins du ministère de Marc Fesneau, en charge des Relations avec le Parlement. L’invité vedette a appelé les parlementaires de la majorité à modérer leurs ardeurs en matière d’amendements et donc à passer moins de temps à fabriquer la loi.

Après deux années législatives au pas de charge, «il faut maintenant être dans un agenda de réalisation, a-t-il annoncé. Ce qui veut dire moins d’amendements et plus de coconstruction en vous associant». Puis appelant ses troupes à être «plus dans la proximité» en vue des municipales de 2020, Macron a ajouté : «Il faut libérer du temps d’amendement au profit du temps de terrain.

»«Pauvre Montesquieu…», soupire une députée LREM, imaginant l’auteur de l’Esprit des lois et théoricien de la séparation des pouvoirs se retourner dans sa tombe. «Que Richard Ferrand [président de l’Assemblée nationale, ndlr] ou Gilles Le Gendre [président du groupe LREM] nous fasse cette remarque, pas de problème.

Mais ce n’est pas le rôle du chef de l’Etat», estime un élu, tandis qu’un autre a été lui aussi gêné par «cette lecture des institutions très descendante, où tout procède toujours d’Emmanuel Macron».«Muraille de Chine»Après un début d’année rude, entre échanges musclés avec les gilets jaunes, permanences attaquées et grand débat national, les députés de la majorité ont par ailleurs le sentiment d’avoir mouillé la chemise.

 «Le Président et les ministres croient qu’on fait quoi ? On y est tout le temps sur le terrain», s’agace un marcheur qui rappelle : «On y est tellement que 40 de mes collègues sont tentés de quitter l’Assemblée pour se présenter aux municipales !»Certains de leurs collègues mettent en avant le cadre «informel» voire «privé» de la réception pour minimiser cette incursion dans les affaires du Parlement.

Ce qui ne manque pas de sel, de larges extraits du discours ayant sans surprise fuité en temps réel sur les réseaux sociaux et dans les médias. «Il ne faut pas confondre la séparation des pouvoirs et la relation, nécessairement proche, du chef de l’Etat avec sa majorité. Ce n’est pas une muraille de Chine qui doit empêcher hermétiquement la communication, il est sain qu’on se passe des messages», plaide Guillaume Kasbarian (LREM), qui, sur le fond, partage plutôt la mise en garde présidentielle.

. «Il y a parfois un effet de noyade qui nuit au travail parlementaire», ajoute le député d’Eure-et-Loir.A lire aussiRentrée de LREM : les cinq morceaux de choix des députésL’inflation du nombre d’amendements est souvent vue, au sein du Parlement lui-même, comme un problème, une perte de temps......


code de nouvelles: 292709  |  Liberation
Toutes les nouvelles ont été recueillies par AllFrenchNews Crawler

Nouvelles les plus vues

Dans les nouvelles
Dernières nouvelles photos