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"Travailler en amont des violences pour éviter la réitération"

L’ex procureur de la République est devenu un inlassable combattant des violences conjugale.Il est l’invité des Rencontres d’Occitanie qui se dérouleront demain à Montpellier. Vous êtes engagé depuis longtemps dans la lutte contre les violences faites aux femmes au point d’en devenir l’une des voix.

Pourquoi avoir fait de ce combat le vôtre ?Luc Frémiot : Dans l’exercice du métier de magistrat, on côtoie bien évidemment des affaires de ce type. On est en proximité immédiate de la douleur et de la violence que peuvent subir les femmes ainsi que leur famille. Plusieurs affaires m’ont touché parce que je me suis rendu compte, notamment lorsque j’étais aux Assises qu’il y avait bien souvent eu des appels au secours en vain.

Certaines victimes s’étaient confiées à leur famille, d’autres avaient déposé des plaintes qui n’avaient pas été suivies d’effet. Et malheureusement ces appels au secours laissés dans l’ombre les ont conduites directement sur une table d’autopsie. Aussi, lorsque je suis devenu procureur de la République, en 2003, à Douai (Nord), j’ai décidé de mener une véritable politique pénale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Ca marche. On le sait. Surtout qu’aujourd’hui, contrairement à mes débuts, on dispose d’un arsenal législatif. Ce qu’il faut c’est que la loi soit appliquée. Que voulez-vous dire ? Il y a encore trop de fonctionnaires de police, de gendarmes qui ne prennent pas les plaintes, renvoient les femmes chez elle, au mieux avec une main courante, sous prétexte qu’il n’y a pas de certificat médical ou que la personne ne présente pas de stigmates de coups sur le visage.

Pourtant un fonctionnaire n’a pas le droit de refuser une plainte. De même, vous avez encore trop de procureurs de la République ou de substituts qui n’apportent pas les réponses nécessaires. Il y a trop de classements sans suite, trop de rappels à la loi. Comment expliquez-vous qu’on en soit toujours là ? On est encore dans l’idée que les conflits dans un couple font partis de l’intimité, du secret, voire d’un sanctuaire.

Or si sanctuaire il y a, cela doit être un sanctuaire de paix où les violences ne rentrent pas. De plus, ce sont des contentieux qui sont chronophages, compliqués parce qu’il n’est pas rare que ces femmes retirent leur plainte. Décision qui pourrait avoir aucun effet sur la procédure sachant que le procureur peut s’autosaisir.

Mais dans des juridictions surchargées… Doit-on y voir un problème de formation ? La formation existe. Le problème est qu’avec l’absence d’instruction, les...

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code de nouvelles: 303596  |  L'Indépendant
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