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6 02.10.2019 21:47:30 21:47

"On est tous crevés" : à Paris, des milliers de policiers de toute la France manifestent leur colère dans la rue

Mes collègues sont prêts à aller loin tout en restant républicains ! lâche Nicolas Vincent, policier et secrétaire syndical dans les Alpes-Maritimes. Il a fait le déplacement à Paris avec ses collègues pour participer à la marche de la colère de la police, de la place de la Bastille à la place de la République, mercredi 2 octobre.

Habillés en civil, tous grades confondus, 27 000 hommes et femmes, selon les syndicats de police, sont descendus dans la rue pour manifester leurs nombreuses inquiétudes. Le cortège, encadré par des équipes de sécurité siglées dun brassard police sur le bras, sélance vers 13h30 sur le boulevard Beaumarchais, au son des sifflets distribués peu avant le départ.

Un animateur installé sur un camion, situé en tête de cortège, demande aux participants de faire du bruit pour leurs 52 collègues qui se sont donné la mort depuis le début de lannée. Certains manifestants portent un cercueil marqué dun stop aux suicides. Le taux de suicide dans les forces de lordre est supérieur de 36% à celui du reste de la population.

Un week-end complet sur sixPoliciers en colère, à Stains, on est tous crevés, peut-on lire sur une pancarte tenue par la délégation venue de Seine-Saint-Denis. Les policiers dénoncent une usure opérationnelle due au mouvement des gilets jaunes, qui a débuté le 17 novembre 2018. La majorité des policiers ne bénéficient que d’un week-end complet [de repos] sur six et ils doivent prendre leurs jours de repos en semaine, déplore Nicolas Vincent.

Les fonctionnaires ont cumulé des milliers dheures supplémentaires non récupérées et non payées pour linstant. Quant aux heures de nuit, elles sont peu rémunérées.« Ce n’est pas normal de gagner moins d’un euro de plus par heure quand on bosse de nuit. Et ça nous arrive souvent » dénonce le policier préservant son anonymat derrière sa pancarte.

pic.twitter.com/OVgWO6fw87 — GUILLEmette JeaNNoT (@LaGuilleEnParle) 2 octobre 2019 Autre sujet dans la ligne de mire des policiers : la vétusté de certains commissariats, des véhicules, ou encore le fait de devoir parfois acheter son propre matériel. Si Amazon avait le parc auto de la police nationale, aucun colis narriverait à destination, témoignent certaines pancartes brandies par les manifestants.

Ils réclament aussi davantage de moyens humains.Le cortège avance calmement le long du boulevard. Policiers et gendarmes en faction sont toutefois en alerte, veillant à anticiper tout débordement. Les manifestants renvoient toute demande dinterview de la part des journalistes présents vers leurs porte-parole syndicaux.

Ces derniers évoquent également le projet de réforme des retraites qui risque de mettre un terme à leur régime spécial. Si le principe de droit au départ anticipé devrait être maintenu (dès 52 ans), il ne le sera plus pour tous les policiers, mais seulement en fonction de la dangerosité de leurs missions.

. Or, l’exercice du métier de policier est par définition dangereux, déclarent les représentants syndicaux.Des gilets jaunes.....


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