×
8 09.10.2019 10:26:15 10:26

Bioéthique, la situation des enfants intersexes entre dans la loi

« Une pluie d’amendements. » En tout début de soirée, mardi 8 octobre, le rapporteur Jean-François Eliaou (La République en marche) a usé d’une métaphore comme d’un avertissement. La discussion qui suivait l’article 21 du projet de loi de bioéthique ne serait pas expédiée en quelques minutes.

Elle a duré plus de deux heures et accouché d’un amendement auquel la commission et le gouvernement ont donné un avis favorable. Voté à une très large majorité (91 pour et 3 contre), il prend en compte la situation si délicate des enfants intersexes. Il résulte d’un travail transpartisan ainsi que d’un compromis entre le gouvernement et la majorité.

► Ce qui a été entenduLe nombre des amendements est à la mesure de l’émotion ressentie par les parlementaires lors des auditions face à la souffrance de ces personnes nées avec une ambiguïté sexuelle. Le sujet s’était déjà imposé dans le débat en commission et en séance, de nombreux députés ont voulu témoigner des conséquences physiques et psychologiques des interventions encore trop souvent pratiquées sans urgence médicale.

Bioéthique, les députés s’indignent du traitement des enfants intersexesDe Danièle Obono (La France insoumise) à Maxime Minot (Les Républicains), le terme « mutilation » a résonné dans l’hémicycle. « Il en va du respect du corps et du consentement pour un acte qui engage la vie future de l’enfant et de l’adulte qu’il deviendra », a insisté Maud Petit (MoDem), tandis que Jean-Louis Touraine (LREM) rappelait un chiffre : un tiers de ceux qui ont subi ces opérations considèrent à la puberté ne pas avoir été orientés correctement.

« Il y a des mauvaises pratiques médicales ou il y en a eu », a d’ailleurs convenu la ministre de la santé, Agnès Buzyn, qui a remercié l’ensemble des députés « d’avoir insisté pour que la loi de bioéthique s’empare de ce sujet ». Le projet de loi n’en faisait pas mention au départ, mais « la souffrance de ces enfants nécessitait un geste fort de cadrage », a-t-elle reconnu.

► Ce qui a été votéPorté par le député Raphaël Gérard (LREM), l’amendement adopté prévoit d’orienter systématiquement ces enfants vers des centres de référence où ils seront pris en charge par une équipe pluridisciplinaire. Ces centres, comme l’a rappelé la ministre, sont encore récents mais de plus en plus structurés.

Outre le premier, créé en 2006 et labellisé en 2016, il existe désormais trois centres associés et une vingtaine de centres régionaux.Le Sénat veut mieux connaître les personnes intersexesUn rapport doit également fournir des données consolidées d’ici un an sur les pratiques réelles. Les députés de la majorité se sont félicités de cette avancée, à l’instar de Laëtitia Romeiro Dias (LREM).

. La bioéthique consiste à « créer des droits nouveaux mais aussi à corriger ce qui heurte notre éthique », a-t-elle souligné, avant de saluer les sous-amendements qui ont complété la disposition initiale, comme le fait de fournir aux parents une liste.....


code de nouvelles: 317526  |  la-croix
Toutes les nouvelles ont été recueillies par AllFrenchNews Crawler

Nouvelles les plus vues

Dans les nouvelles
Dernières nouvelles photos