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Un exosquelette connecté au cerveau permet à un patient tétraplégique de marcher

Paralysé des quatre membres depuis une chute il y a quatre ans, un jeune homme parvient aujourd’hui à diriger par la pensée les mouvements d’un exosquelette, une sorte d’armure motorisée. Une première réalisée par Clinatec, un centre de recherche biomédicale du CEA, à Grenoble.Le prototype, issu de dix ans de recherches de plusieurs équipes, repose sur des électrodes implantées dans le crâne, qui vont «capter les signaux envoyés par le cerveau et les traduire en signaux moteurs», selon les explications dAlim-Louis Benabid, professeur émérite à l’université Grenoble Alpes.

Chez les paralysés des quatre membres à la suite dune fracture de la colonne vertébrale, «le cerveau est toujours capable de générer les ordres qui habituellement font bouger les bras et les jambes, mais il n’y a personne qui les exécute», poursuit le spécialiste de neurochirurgie, auteur principal d’une étude publiée vendredi dans The Lancet Neurology.

Les blessures de la moelle épinière entraînent une tétraplégie (paralysie des quatre membres) chez environ 20% des patients.«Réapprendre»Le cas de ce jeune homme prénommé Thibault est une «preuve de concept» : les chercheurs ont montré qu’il était possible de capter correctement cette activité électrique de façon continue et de la transmettre quasiment en temps réel et sans fil vers l’ordinateur qui les décode.

Mais le chemin est encore long avant de pouvoir utiliser cet exosquelette dans la vie de tous les jours.Le jeune homme, à qui on a implanté les électrodes il y a un peu plus de deux ans, s’est entraîné chez lui pendant plusieurs mois sur un simulateur : grâce à son implant, il est parvenu à faire réaliser des mouvements à un avatar virtuel sur l’écran de son téléviseur.

«J’ai dû réapprendre petit à petit. La plasticité cérébrale fait qu’on retrouve les ordres à envoyer pour obtenir les bons mouvements, de manière beaucoup plus souple, beaucoup plus naturelle», explique Thibault, qui était cloué au lit depuis son accident.Il s’est ensuite rendu trois jours par mois à Grenoble pour faire les mêmes exercices directement sur l’exosquelette.

Résultat : il peut avancer les jambes du robot, plier le coude, lever les épaules...«Plaisir»«Je ne pensais pas qu’on pourrait aller aussi loin», assure-t-il, confiant son «plaisir» à «pouvoir faire avancer la science», en dépit de la fatigue liée à ces entraînements et du chemin restant. «Quand on a eu toutes les douleurs, toutes les souffrances que j’ai pu vivre, je n’ai aucune frustration, ça a toujours été un plaisir de pouvoir participer» à cette recherche.

Un autre patient se verra implanter les électrodes en novembre, suivi de deux autres dans les prochains mois, précise le Pr Benabid.La suite de l’essai clinique permettra d’acquérir la capacité de saisir un objet avec la main ainsi que d’améliorer l’équilibre de l’exosquelette, le gros point faible de tous les robots de ce type.

. «Cela nécessite des calculs très lourds et des temps de réaction très rapides, sur lesquels on est en train.....


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