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« En ne tenant pas parole sur la Macédoine, la France et l’Union européenne perdent leur crédibilité »



Le premier ministre macédonien Zoran Zaev, à Skopje, le 19 octobre. ROBERT ATANASOVSKI / AFP Au Conseil européen du 18 octobre, la France vient, une fois de plus, de s’opposer à l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie. Une décision qui, en reniant la promesse de l’Union européenne (UE), va saper sa crédibilité et provoquer une onde de choc dans les Balkans, où le retour de la France depuis 2017 avait été perçu comme un signe positif pour la stabilité régionale.

Et ce, alors que le gouvernement de Skopje [capitale de la République de Macédoine du Nord] venait de prendre des décisions politiques historiques dans une région fragile, avare de réconciliations. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Union européenne : la France et les Pays-Bas ferment la porte à la Macédoine du Nord et à l’Albanie En effet, lorsque la République de Macédoine devient indépendante avec l’éclatement de la Yougoslavie, en novembre 1991, la Grèce impose qu’elle soit reconnue comme « l’Ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM), ce que l’UE accepte.

Aussi, lorsque les premiers ministres Zoran Zaev et Alexis Tsipras trouvent un compromis sur le nom avec l’accord de Prespa, le 12 juin 2018, par lequel l’ARYM devient la République de Macédoine du Nord, ils mettent fin à un conflit historique et identitaire ancien. Dépasser les conflits ethniques Une décision audacieuse prise par Athènes alors que l’opposition – revenue au pouvoir récemment – la refusait et que les nationalistes manifestaient.

Une décision courageuse à Skopje où la coalition fragile du premier ministre faisait suite au nationalisme exacerbé de Niola Gruevski – au pouvoir de 2006 à 2016 – qui avait appuyé son autoritarisme sur une réécriture de l’histoire et une débauche de statues de « héros macédoniens ». En dépit d’oppositions souvent violentes, les deux premiers ministres ont obtenu la ratification de l’accord par leurs Parlements respectifs, animés par un esprit de compromis au nom de leur engagement européen.

Skopje a aussi dû affronter un opposant extérieur de taille, la Fédération de Russie, laquelle voyait d’un très mauvais œil l’accès à l’Alliance atlantique que cet accord ouvrait à la Macédoine. Lire aussi L’accord de la Grèce sur le nouveau nom de la Macédoine : une bonne nouvelle dans les Balkans L’éclatement violent de la Yougoslavie fut accompagné de l’arrivée de nouveaux pouvoirs nationalistes et autoritaires.

A l’exception de la Macédoine qui, avec l’aide de l’UE et de l’OTAN, a su surmonter un début de guerre civile entre sa majorité slave et sa minorité albanaise pour conclure l’accord d’Ohrid, en août 2001. L’UE reconnut cette avancée par un accord de stabilisation et d’association, dans l’esprit de la « perspective européenne » offerte aux Balkans occidentaux au sommet de Thessalonique, en 2003.

. La Macédoine.....


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