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5 23.10.2019 08:55:28 08:55

À la Castellane, la destruction de la symbolique « Tour K »

L’imposante tour est entourée de barrières métalliques et de panneaux prévenant que le chantier est interdit au public. Pourtant, dans une coursive du bâtiment désaffecté, un jeune homme se tient debout à la vue de tous. Capuche grise, épaisses lunettes de soleil, il scrute les environs.

Guetteur, « chouffe » du réseau de deal de drogue implanté là depuis des années, il prévient de toute arrivée de la police.À Marseille, les réseaux de trafic de stupéfiants toujours très implantésCette tour, « un totem, marqueur de l’entrée du quartier », qui abrite un des plus gros points de vente de stupéfiants identifiés de Marseille, va être détruite, dans le cadre d’une opération de rénovation urbaine entreprise dans ce grand ensemble bâti à partir de 1969, au nord de la ville : « L’organisation du quartier est très refermée sur elle-même.

La première phase de travaux vise à relier le quartier à son environnement », explique Géraldine Bourdin, chef de service du Renouvellement urbain chez Erilia, l’un des trois bailleurs qui possèdent ce parc locatif de 1 250 logements à vocation sociale.Pour « supprimer le côté labyrinthique » de la cité, le projet ambitionne de créer « un grand mail pour l’ouvrir sur la ville », confirme Géraldine Bourdin.

Comme le bâtiment G qui fermait cet ensemble aux airs de forteresse, la tour K va subir un écrêtage jusqu’à sa démolition complète, d’ici à l’été prochain. Celle-ci permettra l’ouverture d’une voie de circulation qui coupera la cité en deux.Dans le quartier marseillais de la Castellane, un avenir en chantier« Il s’agit de donner plus d’oxygène au site et de permettre de meilleures conditions de sécurisation.

La lutte contre le trafic est sous-jacente à tous les programmes de rénovation urbaine menés dans ces cités », explique Arlette Fructus, présidente du groupement d’intérêt public Marseille Rénovation Urbaine.Un volet social « oublié »Une stratégie qui laisse sceptique : « Ils croient vraiment qu’en cassant deux bâtiments ils vont résorber le trafic ?, s’exclame un animateur social.

Mais les trafiquants ont toujours un coup d’avance. Je pense qu’ils savent déjà où ils iront lorsque la tour sera détruite… » Derrière la fenêtre ouverte de son snack-alimentation, Red hausse aussi les épaules : « À côté, avant c’était La Poste. Il y a deux ans qu’elle est fermée à la suite d’une agression verbale.

Les gens ne veulent pas venir travailler ici. Alors pourquoi on ne forme pas des jeunes d’ici ? Plutôt que de dépenser des millions dans une rue qui va nous diviser, on aurait préféré des stages et des formations pour les gamins. »Ici, le taux de chômage atteint en effet les 35 % et celui des bas revenus dépasse les 70 %, selon l’Insee.

. « Voilà cinq ans que le projet de rénovation est lancé, mais on a l’impression que le volet social est oublié », regrette Nassim Khelladi, le directeur du centre social. L’association des équipements collectifs (AEC), propriétaire des murs, œuvre.....


code de nouvelles: 338064  |  la-croix
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