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26 28.10.2019 14:30:34 14:30

Violences policières contre des journalistes: Comment en est-on arrivé là ?

Violences policières contre des journalistes: Comment en est-on arrivé là ? — 20 Minutes Media bashing, multiplication des lois visant à réguler la profession, difficultés rencontrées sur le terrain pour accéder à l’information : l’exercice du métier de journaliste est-il plus difficile depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? La liberté de la presse est-elle menacée ?Pour tenter de comprendre les changements dans les relations entre le pouvoir et les médias, 20 Minutes a décidé d’interroger des spécialistes de la presse, des témoins de débordements, des journalistes, mais aussi des acteurs du gouvernement.

Troisième épisode de notre série « Point de pressions » sur les violences policières contre des journalistes qui ont eu lieu ces derniers mois lors de manifestations. Un tir de LBD en plein visage. C’est ce qu’a reçu Nicolas Descottes, alors qu’il travaillait pour le quotidien Libération le 8 décembre dernier.

A 10 heures du matin, le photographe indépendant se rend sur l’avenue des Champs-Elysées. L’acte VIII des « gilets jaunes » bat son plein. En fin de matinée, les tensions commencent à se faire sentir. Il aperçoit un groupe de 25 policiers remonter l’avenue vers la rue de Bassano et visse alors son casque siglé « presse » sur sa tête.

Plusieurs journalistes s’accroupissent et se cachent. « Je me suis rapproché pour photographier ce qu’il se passait et là, les mecs de la BAC ont tiré [au LBD] partout, dans toutes les directions. »Sur l’avant-dernière photo qu’il a prise, il aperçoit, parmi la horde de policiers, l’un d’eux, LBD pointé sur lui.

Quelques secondes après, il reçoit une balle en plein visage qui lui déchiquette la joue et explose l’os de sa pommette. « Sur le coup, c’est d’une violence effroyable. Une étude compare cette douleur à celle ressentie lorsque l’on se prend une batte de baseball à pleine puissance. »Au moins 54 journalistes blessésNicolas Descottes n’est pas le seul journaliste à avoir été blessé par les forces de l’ordre au cours des manifestations de ces derniers mois.

Comme lui, des dizaines d’autres reporters, vidéastes et photographes ont été touchés par des tirs de LBD ou ont reçu des coups de matraque et des jets de grenades. Fractures, côtes cassées, brûlures et hématomes, les blessures sont aussi variées que les journalistes touchés nombreux. Entre le 17 novembre 2018 et le 17 mai 2019, 54 d’entre eux ont été blessés par les forces de l’ordre, dont 12 sérieusement, selon un décompte réalisé par  Reporters sans frontières (RSF).

« On n’avait jamais vu un tel niveau de violence à l’égard des journalistes », affirme Pauline Ades-Mevel, porte-parole de l’association.Les violences policières ayant eu lieu pendant les manifestations des « gilets jaunes » ont été recensées par le journaliste David Dufresne. Il qualifie celles exercées contre des journalistes de « réelle entrave à la liberté d’informer.

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