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5 07.11.2019 11:03:36 11:03

Le Sénat vote le texte sur les féminicides, en l'absence des élus de gauche


Sénat (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES A priori consensuelle, la proposition de loi LR contre les violences au sein de la famille a été adoptée à main levée dans la nuit de mercredi à jeudi par le Sénat à majorité de droite, en l’absence des élus de gauche qui avaient quitté l’hémicycle pour protester contre un rejet systématique de leurs amendements.

Cent vingt-neuf féminicides depuis le début de l’année : ce chiffre a été martelé mercredi sur tous les bancs, unanimes sur la nécessité de lutter contre les violences faites aux femmes. La proposition de loi du député Aurélien Pradié prévoit notamment la mise en place du bracelet antirapprochement, des ordonnances de protection plus efficaces, facilite le relogement des victimes de violences conjugales et entend aussi donner un nouveau souffle au téléphone « grave danger ».

 Elle avait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, en première lecture, avec le soutien du gouvernement.Symbole fort, le Sénat a entamé son examen en présence, dans l’hémicycle, de son président Gérard Larcher. Mais l’atmosphère s’est sérieusement dégradée en fin de soirée. Les sénateurs des groupes PS et CRCE à majorité communiste ont quitté l’hémicycle pour protester contre les nombreux recours au scrutin public qui ont permis à la majorité sénatoriale de droite de rejeter systématiquement leurs amendements.

« Travail parlementaire bâclé »« On a fait beaucoup de propositions (…) Nous sommes dans un désarroi total », a lancé Marie-Pierre de la Gontrie (PS). « Vous assumerez la responsabilité de ce travail parlementaire bâclé, qui avait pourtant si bien commencé à l’Assemblée ». « Ce sont les absents qui rejettent les amendements », « on n’est pas là pour faire le décor », a ensuite expliqué Laurence Rossignol (PS) à l’AFP, dénonçant les « petites cuisines » entre Les Républicains et le gouvernement.

 La suite du texte a ensuite été examinée au pas de charge.Lors de la discussion générale, le PS avait interpellé la garde des Sceaux Nicole Belloubet sur le calendrier de l’examen de ce texte, alors que sont attendues pour le 25 novembre les conclusions du Grenelle sur les violences conjugales. La ministre a souligné que la proposition de loi méritait d’être adoptée « dans les meilleurs délais », quand bien même les conclusions du Grenelle pourraient nécessiter « un autre texte législatif ».

 La ministre a réaffirmé sa détermination « à lutter contre ces actes qui, en meurtrissant chaque jour des femmes, heurtent la société tout entière ».« Trop longtemps la société a nié la réalité des violences au sein de la famille »Cette proposition de loi « apporte des réponses concrètes » aux femmes victimes de violences conjugales, a déclaré la rapporteure Marie Mercier (LR), tout en soulignant que « la violence est à combattre dès le plus jeune âge, par l’éducation, par l’accompagnement à la parentalité ».

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code de nouvelles: 356909  |  20 minutes
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