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Les SDHI, ces fongicides qui ne touchent pas que les champignons



Un agriculteur répand des pesticides sur un champ de pommes de terre, à Godewaersvelde (Nord), en 2012. PHILIPPE HUGUEN / AFP Au printemps 2018, une dizaine de chercheurs de plusieurs organismes de recherche publics (INRA, Inserm, CNRS, etc.) alertaient les autorités sanitaires françaises sur les risques présentés par une famille de fongicides de plus en plus utilisés en agriculture, les SDHI (pour « inhibiteurs de la succinate déshydrogénase »).

Les lanceurs d’alerte apportent, jeudi 7 novembre dans la revue PLOS One, des éléments à l’appui de leurs inquiétudes. Après avoir testé, in vitro, l’effet de huit molécules de la famille des SDHI sur un champignon (Botrytis cinerea) ainsi que sur des cellules d’abeille, de lombric et d’humain, les auteurs suggèrent que l’action des SDHI n’est pas spécifique : elle pourrait être tout aussi délétère pour des organismes non cibles.

Ils indiquent également que les personnes ayant un déficit de SDH (pour « succinate déshydrogénase ») pourraient être particulièrement vulnérables à ces substances. Les chercheurs ne sont guère surpris de ces résultats. Les SDHI viennent à bout des champignons et moisissures en inhibant l’enzyme SDH, bloquant ainsi le fonctionnement des mitochondries (les petites usines énergétiques des cellules).

« Or, en raison de la fonction quasi universelle de la SDH dans la respiration cellulaire et le métabolisme mitochondrial, on peut supposer que tout organisme vivant exposé à ces substances pourrait également être affecté, écrivent les chercheurs. De fait, l’exposition aux SDHI sur les organismes non cibles pourrait se révéler un problème majeur, et, parmi d’autres facteurs, jouer un rôle capital dans la perte de biodiversité déjà observable dans une grande partie du monde.

» Enquête : Pesticides SDHi : les autorités sanitaires dans la tourmente Les auteurs ont, notamment, cherché à déterminer pour huit SDHI la concentration nécessaire à réduire de moitié l’activité de la SDH sur les cellules des différents organismes testés (humain, lombric, abeille, Botrytis cinerea).

Surprise : certains SDHI sont plus efficaces sur des organismes non cibles que sur Botrytis cinerea, champignon pathogène contre lequel il est utilisé. Le boscalid, par exemple, est plus dangereux pour le lombric (Lumbricus terrestris) que pour le pathogène fongique. Même constat pour le flutolanil, dont la toxicité est maximale pour le lombric et l’abeille.

. De son côté, le bixafen est presque aussi efficace sur les cellules de cinerea que sur celles d’Homo sapiens. ..


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