×
8 08.11.2019 17:01:01 17:01

Policiers renvoyés en correctionnelle : "Nous sommes passés de maintien de l'ordre à une répression jamais vue depuis 50 ans", estime le journaliste David Dufresne

On nous annonce que deux policiers vont être poursuivis, un pour un pavé, un pour une gifle, alors quen réalité depuis un an nous sommes passés de maintien de lordre à une répression jamais vue depuis 50 ans, a réagi sur franceinfo vendredi 8 novembre le journaliste David Dufresne, auteur de Dernière sommation, chez Grasset et de la compilation sur Twitter Allô place Beauvau, après le bilan présenté par le parquet de Paris des enquêtes pour violences policières en marge du mouvement des gilets jaunes.

Le parquet de Paris a annoncé jeudi 7 novembre que deux agents seront renvoyés en correctionnelle, après des violences pendant la manifestation des gilets jaunes du 1er mai.franceinfo : Vous qui êtes à lorigine des messages Twitter Allô place Beauvau pour signaler les violences policières, est-ce que vous avez le sentiment, comme le dit le ministre de lIntérieur, que la justice fait son travail ?David Dufresne : Le ministre de lIntérieur est en-dessous de tout.

Il répète les mêmes clichés à longueur de temps. Prenons simplement pour exemple ces premiers policiers qui vont être renvoyés en correctionnelle. Lun dentre eux, cest pour un jet de pavé. Il ny a pas de victime. Donc, quand M.Castaner induit lidée que si les gens ont été blessés, cest parce quils ont attaqué les policiers, nous avons là un cas parmi des milliers dautres qui le contredisent.

Et le deuxième cas, cest un policier, un CRS qui donne une paire de gifles à un monsieur qui sabrite et qui ne porte aucun coup. La justice, elle a un tort, cest quelle prend beaucoup de temps. Et elle ne prend pas toujours le même temps. Je veux dire par là que des centaines de gilets jaunes ont été incarcérés et des milliers ont été condamnés, déjà.

Et pour linstant, les policiers sont toujours en attente du premier jugement.Mais ça prend du temps, denquêter pour les cas les plus graves que vous mentionnez...Oui. Cela dit, vous avez dit quil y a 18 informations judiciaires ouvertes pour les cas les plus graves. Il y a deux morts, 24 personnes qui ont perdu un oeil et cinq qui ont perdu une main.

Cela na jamais été contesté. Et pour linstant, on a 18 cas. On voit bien que le parquet, en faisant cette annonce, fait un ballon dessai pour jauger comment les syndicats de police vont réagir. Le seul problème, cest que la question nest pas de protéger un corps contre un autre. La question est de savoir si on peut faire confiance en une justice qui sappuie sur un service qui sappelle lIGPN, dont on sait aujourdhui quil est inefficace en matière de violences policières.

Pourquoi ? Comment lanalysez-vous ?Des chercheurs extrêmement modérés considèrent que dès lors quil sagit de violences policières, lIGPN est dans un angle mort, et certains appellent cela une énigme. La raison est toute simple : ce sont des policiers qui sont chargés de juger dautres policiers. Tant que lIGPN ne sera pas un peu plus indépendante, on arrivera à ce genre de cas.

. Aujourdhui, quand même, on est dans le folklore. On nous annonce que deux.....


code de nouvelles: 359217  |  Franceinfo
Toutes les nouvelles ont été recueillies par AllFrenchNews Crawler

Nouvelles les plus vues

Dernières nouvelles photos