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Les paysans cambodgiens accusant Bolloré de spoliation invités à produire des preuves



Récolte de sève de caoutchouc dans la province de Tbong Khmum, le 10 février 2019 au Cambodge. Pring Samrang / REUTERS Quatre-vingts Bunongs – des paysans du Mondol Kiri, province de l’est du Cambodge – qui accusent le groupe de l’industriel français Vincent Bolloré d’avoir accaparé leurs terres, en 2008, pour en faire des plantations de caoutchouc, devront faire la preuve de leur identité et fournir leurs titres de propriétés, d’ici au 20 janvier 2020.

Dans une ordonnance rendue le 8 novembre, le tribunal « invite » chacun d’entre eux à communiquer avant cette date – à laquelle se tiendra une audience de mise en état du dossier – « tout document officiel établissant l’existence, la nature, la localisation, la surface exacte et le référencement de la ou des terres dont il est demandé la restitution », « tout document notarié, individualisé et officiel établissant la propriété de chacun sur la ou les terres revendiquées » et « tout document justifiant de l’état civil de chacun ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Des Cambodgiens poursuivent le groupe Bolloré pour avoir détruit leur forêt sacrée Le juge souligne que seules « 53 copies de pièces d’identité de qualité souvent médiocre et ne permettant pas la lecture des quelques mentions y figurant en caractères latins » sont actuellement en la possession du tribunal, que ces documents « mentionnent », pour certains, « des noms différents de ceux portés sur l’acte introductif d’instance » et que certaines attestations « comportent des incohérences et n’apportent pas d’information sur la localité concernée par les terres litigieuses ».

Pouvoir opérationnel A l’été 2015, Me Fiodor Rilov a saisi le tribunal de grande instance de Nanterre au nom de ces agriculteurs itinérants et animistes dans le cadre d’une action en reconnaissance de responsabilité civile délictuelle contre le groupe Bolloré. Ses clients l’accusent de les avoir spoliés de plusieurs milliers d’hectares de leurs forêts ancestrales afin de les transformer en plantations d’hévéas, arbres à caoutchouc, sur la commune de Bousra, au Cambodge.

Cette opération aurait été réalisée, avec l’aval du gouvernement cambodgien, par l’entremise de la Socfin-KDC, joint-venture entre la holding Socfinasia, une société luxembourgeoise dont le groupe Bolloré est actionnaire à près de 39 %, et la Khao Chuly, une entreprise de construction cambodgienne, proche du pouvoir central.

Lire aussi Des paysans cambodgiens assignent en justice en France le groupe Bolloré Selon les Bunongs, qui réclament la restitution de leurs terres ainsi que des dommages et intérêts, mais qui peinent à réunir les documents réclamés par la justice pour démontrer le préjudice allégué, le groupe Bolloré aurait exercé sur leurs terres, depuis la France, un pouvoir opérationnel à travers la structure Terres Rouges Consultant (TRC), une société dissoute.

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