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5 30.11.2019 13:22:42 13:22

En Martinique, les plantes médicinales se modernisent pour soigner les maux

(AFP) - Elles sappellent doliprane ou efferalgan, mais nont rien à voir avec le médicament. Sous le soleil des Antilles, ces plantes, comme dautres aux noms plus exotiques, sont consommées depuis toujours pour soigner les maux de la population.

Certains y sont restés très attachés et entendent bien les remettre au goût du jour, comme Rémi Asensio, chapeau à larges bords vissé sur la tête, qui arpente son hectare de terrain au cœur de la campagne du Gros Morne, en Martinique. Chaque semaine, cet originaire du Sud-Ouest passe en revue la quarantaine despèces végétales quil a plantées.

Les atoumos avec leurs fleurs rose et blanches, les petites feuilles dentelées de la brisée et les bottes touffues de citronnelles. Autant de plantes quil transforme ensuite en tisanes.Voilà près de sept ans que cet agronome et son épouse ingénieure chimiste martiniquaise se sont lancés. On était salariés et on sentait quon allait avoir des difficultés dans nos carrières.

Et il commençait à y avoir des communications sur les plantes libérées (du monopole pharmaceutique, ndlr). On sest dit pourquoi pas?.Ainsi est née leur Herboristerie Créole. Ils ont dabord proposé des compléments alimentaires en gélules avant de se lancer dans les infusions vendues en pharmacies et épiceries fines: les Martiniquais préfèrent.

Ca leur rappelle leur grand-mère. Car les plantes médicinales ont longtemps été consommées aux Antilles en tisane mais aussi en bain ou en application cutanée.Sur le marché de Fort-de-France, Géonie Tobinord est lune des rares à tenir un étal exclusivement composé de ces plantes. Chaque matin depuis 10 ans, elle déballe ses herbes et compose des bouquets en fonction des demandes de chacun.

Les plantes qui marchent le mieux, cest la menthe glaciale et le basilic. Les gens font du thé, des bains, des frictions, tout ce quils veulent.Un savoir acquis au fil du temps quelle a transmis à sa fille. Sa principale crainte cest que les gens dailleurs viennent prendre notre culture ici et la transforment comme ils veulent.

Nous les petites marchandes, ça nous inquiète. On nous dira un jour quon na pas fait les études nécessaires pour vendre ces plantes.- Développement économique -Le Pôle Agroressources et de Recherche de Martinique (PARM) fait partie de ceux qui veulent développer lutilisation des plantes aromatiques et médicinales martiniquaises.

En 2012, lorsque la pharmacopée française a intégré plusieurs nouvelles plantes antillaises, cet institut sest penché sur la composition de 24 espèces afin de faire le lien entre une activité déclarée au niveau traditionnel et une activité prouvée de façon scientifique, explique Sandra Adenet, responsable du Pôle Recherche et Développement du PARM.

.Ces recherches, financées par lEurope et la Région, ont donné des résultats précieux qui permettent désormais un développement économique encadré. Par exemple, le PARM a déposé un brevet sur lactivité anti-microbienne.....


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