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17 02.12.2019 18:02:35 18:02

Antisémitisme et antisionisme : l’Assemblée nationale face à la controverse

Le 16 février, en marge d’une manifestation des « gilets jaunes », le philosophe Alain Finkielkraut est interpellé dans la rue. « Sale sioniste de merde », lui lance un homme. Cette scène, filmée sur le vif, le député La République en marche (LRM) Sylvain Maillard ne cesse de la citer en exemple ces derniers jours.

Il veut convaincre ses collègues parlementaires de voter, mardi 3 décembre, sa proposition de résolution sur l’antisémitisme. Ce texte, non contraignant juridiquement, a pour vocation d’affirmer que « les actes antisionistes peuvent parfois occulter des réalités antisémites », précise son exposé des motifs.

Pour ce faire, le député de Paris propose à ses collègues d’adopter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Quelques jours après l’agression de M. Finkielkraut, Emmanuel Macron s’y était dit favorable, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), estimant alors que l’antisionisme représente « une des formes modernes de l’antisémitisme ».

Lire la tribune : « Nous demandons le retrait de la résolution Maillard » Malgré le soutien du président de la République, l’initiative est controversée et divise la majorité à l’Assemblée. La proposition de résolution n’a été signée que par un tiers du groupe LRM, ce qui est rarissime alors que le président du groupe, Gilles Le Gendre, et le patron de leur parti, Stanislas Guerini, en sont signataires.

Quatre parlementaires MoDem et LRM, et deux communistes, demandent même, dans une tribune publiée sur Lemonde.fr, son retrait de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Dans une tribune au Monde, 127 universitaires juifs appellent aussi à ne pas la soutenir. La définition de l’IRHA tient en quelques mots, dont le terme « antisionisme » est absent : « L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, qui peut se manifester par une haine à leur égard.

Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. » La controverse vient des onze exemples qui précisent cette définition relativement vague, dont l’un considère comme antisémite le « traitement inégalitaire de l’Etat d’Israël à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre Etat démocratique ».

. « On reprend la définition sans ses exemples », assure Sylvain Maillard. Mais pour d’autres, le flou suffit à entretenir le doute. ..


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