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17 02.12.2019 18:02:37 18:02

Grève du 5 décembre : « Le Black Friday s’achève à peine qu’il va falloir enchaîner sur un Black Thursday »

Chronique. « Noir c’est noir », chantait Johnny Hallyday. Le Black Friday s’achève à peine qu’il va falloir enchaîner sur un « Black Thursday ». Tandis que certains au gouvernement fustigent le premier en lui reprochant son impact environnemental, d’autres n’ont pas fait grand-chose, consciemment ou inconsciemment, pour éviter le second.

Faute de se plier à un minimum de pédagogie sur la réforme des retraites, les rues de nos villes devraient donc être noires de monde, jeudi 5 décembre. A force d’entretenir le flou par stratégie, la communication est devenue inaudible, au point que plus personne n’y comprend rien et beaucoup se demandent avec anxiété à quelle sauce les futurs retraités vont être accommodés.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Transports, écoles, énergie… comment le mouvement du 5 décembre se prépare Il y a quelques jours, le premier ministre a tenté de redonner un sens à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron pour un système de retraite plus équitable.

Edouard Philippe a tout d’abord essayé de rassurer ceux qui accusent le gouvernement de vouloir aller trop loin en se disant prêt à discuter des droits familiaux, du travail des seniors, de la question de la pénibilité ou encore des spécificités du régime des enseignants et des professions libérales.

Il s’est aussi adressé à ceux qui lui reprochent, au contraire, son manque d’ambition. Ainsi, le gouvernement se dit prêt à « trouver le bon curseur » pour déterminer quelle sera la première génération concernée. Après la « clause du grand-père » qui repoussait l’entrée en vigueur de la réforme aux calendes grecques, pourrait se profiler celle, plus téméraire, du père, qui viserait à faire entrer dans le nouveau système les personnes qui peuvent prétendre à la retraite dans une quinzaine d’années, c’est-à-dire demain.

Le fameux concept de « grève par procuration » Le premier ministre martèle qu’il veut refonder le système vers plus de « justice sociale », un « système commun à tous les Français avec les mêmes règles pour tous », annonçant « la fin des régimes spéciaux, mais sans les stigmatiser ».

C’est là que cela se complique. Sans remonter aux grèves de l’été 1953, lorsque les décrets-lois du gouvernement de Joseph Laniel avaient tenté, en vain, de s’attaquer au sujet, on se souvient de l’envolée lyrique d’Alain Juppé le 15 novembre 1995 devant l’Assemblée nationale, lors de la présentation de la réforme des régimes spéciaux : « J’en appelle à tous les Français.

L’addition des corporatismes et des égoïsmes qui existent et qui se manifesteront, je le sais, ne saurait arrêter notre élan. » On sait ce qu’il advint. L’élan dura trois semaines avant de se fracasser sur le fameux concept de « grève par procuration », aboutissant à remiser dans les cartons ladite réforme.

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