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4 03.12.2019 00:00:15 00:00

Faire passer l'Europe de la concurrence à l'ère numérique" title="Faire passer l'Europe de la concurrence à l'ère numérique

Les défis qui attendent Margrethe Vestager, reconduite au poste de commissaire à la Concurrence, ne manquent pas. L'extension de son portefeuille, qui inclut désormais le numérique, et son nouveau titre de vice-présidente, qui fait d'elle la numéro 3 de la Commission présidée par Ursula von der Leyen, en sont le signal.


La doctrine de la concurrence en Europe, historiquement très marquée par la défense du consommateur, est désormais remise en question par l'émergence de géants du digital : aujourd'hui les Gafa américains, demain les Alibaba ou Tencent chinois.Les voix, notamment celle de la France, n'ont jamais manqué pour demander plus de souplesse de la part de la Commission face aux fusions censées créer des « champions » européens.

Même si celle-ci souligne qu'elle valide plus de 99 % des projets qui lui sont présentés, le rejet en février 2019 de la fusion Alstom-Siemens dans le ferroviaire avait relancé le débat sur la question des marchés considérés comme pertinents : à la taille européenne, ou bien à une échelle plus large.

Nouveaux enjeuxOr le numérique brouille désormais ces frontières, ce que l'Autorité de la concurrence française a déjà pris en compte : Alexandre Bompard avait ainsi obtenu en 2016 que  le rachat de Darty par la Fnac soit analysé dans un cadre intégrant le poids croissant du commerce en ligne, et pas seulement physique.

Margrethe Vestager devra aussi se pencher sur de nouveaux enjeux : de fiscalité, voire de souveraineté. L'amende record de 13 milliards d'euros à laquelle elle a condamné Apple en 2016 a déjà montré qu'elle ne s'interdisait pas d'étendre le champ de son action. Et les « projets importants d'intérêt commun », autorisant depuis 2014 des aides d'Etat massives dans des secteurs jugés stratégiques, montrent que la Commission sait aussi adapter ses règles.

Mais pour l'instant, seul un projet de  nanoélectronique européenne , financé à hauteur de 1,7 milliard d'euros par quatre pays, dont la France, a été validé, après vingt mois de procédure.Ce sont ces secteurs, souvent à l'intersection du digital et de secteurs traditionnels (santé connectée, véhicule autonome…), qui seront le vrai test de la réussite de Margrethe Vestager.

Car près de 70 ans après la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, qui amorçait l'Union européenne autour de ces secteurs alors stratégiques, la nouvelle vice-présidente de la Commission a reçu pour mandat officiel : « A Europe fit for a Digital Age », une Europe prête pour l'ère du numérique.

.Xavier Barbaro..


code de nouvelles: 380920  |  Les Échos
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