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6 03.12.2019 00:00:15 00:00

Gaz : la Chine renforce ses liens avec la Russie" title="Gaz : la Chine renforce ses liens avec la Russie

« Le robinet est ouvert », a lancé Alexeï Miller, le patron du  groupe gazier russe Gazprom , à l'adresse de son ami Vladimir Poutine. Le gazoduc Power of Siberia a été inauguré ce lundi. Il s'étirera à terme sur quelque 3.000 kilomètres, de l'est de la Sibérie aux provinces du nord-est de la Chine.

Le nouveau pipeline permettra d'exporter jusqu'à 38 milliards de mètres cubes de gaz russe par an vers la Chine lorsqu'il arrivera à pleine capacité en 2025. Le contrat, signé pour trente ans, s'élève à 400 milliards de dollars. C'est le plus gros jamais remporté par Gazprom, la compagnie proche du Kremlin qui détient le monopole des exportations de gaz par pipeline depuis la Russie.

Pour la Chine, c'est une infrastructure cruciale qui répondra à la demande croissante en gaz, une source d'énergie poussée par Pékin pour le chauffage et l'industrie  en remplacement du charbon , plus polluant. La demande a déjà triplé en moins de dix ans mais le gaz ne représente encore que 8 % de la consommation d'énergie du pays, contre 23 % en moyenne dans le monde.

Le potentiel est donc énorme. La Chine produit elle-même du gaz, mais pas assez : les importations représentent plus de 40 % des besoins, une proportion qui ne cesse d'augmenter.Guerre commercialeLe président chinois Xi Jinping cherche à diversifier le plus possible les approvisionnements pour ne pas trop dépendre d'un pays étranger.

La Chine est déjà reliée par gazoduc au Turkménistan, au Kazakhstan et à la Birmanie. Elle importe aussi massivement du gaz sous forme liquéfiée (GNL) d'Australie, d'Indonésie, du Qatar et… des Etats-Unis.Lire aussi :La consommation de gaz de la planète monte en flècheCette dernière source s'est tarie avec la guerre commerciale entre Washington et Pékin car le gouvernement chinois applique désormais des taxes douanières sur le GNL américain.

Pour Vitaly Yermakov, chercheur associé à l'Oxford Institute for Energy Studies, le nouveau gazoduc ne devrait cependant pas se substituer au GNL, consommé majoritairement dans les régions côtières de la Chine. « Il n'y a pas de concurrence directe entre les deux sources d'approvisionnement », dit-il.

Poutine regarde vers l'AsiePour Gazprom, ce pipeline est un précieux débouché pour le gaz extrait du sous-sol de la Sibérie orientale, une région éloignée des zones de consommation. « Il n'est aujourd'hui pas viable économiquement de l'acheminer vers l'Europe, explique Michael Moynihan, analyste chez Wood Mackenzie.

Le nord de la Chine est le marché le plus évident ».Lire aussi :La diplomatie à l'envers de Vladimir PoutineCela permet aussi à Gazprom de diversifier sa clientèle. Le groupe exporte aujourd'hui l'essentiel de sa production vers l'Europe. Or les flux de gaz russe vers l'Union européenne sont incertains à long terme, pour des raisons à la fois environnementales -l'Europe cherche à réduire.

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code de nouvelles: 380922  |  Les Échos
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