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6 09.12.2019 05:04:28 05:04

Interdiction du foie gras à New York : la fausse offense à la France

LETTRE DE NEW YORK

Une assiette de volaille farcie au foie gras, dans un restaurant de New York, en octobre 2017. ASTRID STAWIARZ / AFP Soudain, on a cru à une nouvelle offense faite à la France, un coup fourré protectionniste : voilà que la ville de New York a banni fin octobre le foie gras.

Au soir de Thanksgiving, au lieu de manger une de ces malheureuses dindes sacrifiées en hommage aux premiers pionniers, on a donc dégusté un foie gras français, entre Français, comme si c’était la dernière fois. Ce fut pour apprendre que l’interdiction n’entrera en vigueur que dans deux ans et surtout qu’il n’y a pas un gramme de foie gras français exporté aux Etats-Unis.

Zéro. Notre foie était un produit de contrebande. Le conseil municipal de New York a commis une offense au bon goût, mais pas aux exportations françaises. L’explication nous est donnée par Ariane Daguin, une Française établie aux Etats-Unis qui commercialise le produit sous la marque D’Artagnan : les onze abattoirs français qui avaient, à la fin des années 1970, une autorisation octroyée par les autorités sanitaires américaines l’ont perdue au fil des ans, certains tentant de produire à partir du Québec voisin – à moindre coût et où le produit est plus frais.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le foie gras bientôt interdit à New York ? Perte de chiffre d’affaires Le foie gras aux Etats-Unis est donc un produit américain, qui n’a de français que le nom : les canards sont élevés dans deux fermes de la vallée de l’Hudson, au nord de New York.

Un mets pour connaisseurs, moins d’un demi pour cent des Américains ont goûté à ce produit inventé dans l’Egypte des pharaons. Deux éleveurs se sont lancés dans l’aventure, Michael Ginor, natif de Seattle qui passa quelques années en Israël, et Sergio Saravia, immigré du Salvador. Ils ont cofondé respectivement Hudson Valley Foie Gras et La Belle.

Les deux hommes ne décolèrent pas contre le conseil municipal de New York qui a voté l’interdiction de leur produit. « Si l’interdiction entre en vigueur, nous allons perdre 3 millions de dollars de chiffre d’affaires et 70 emplois », s’inquiète Michael Ginor, tandis que Sergio Saravia s’afflige.

« Il sera très difficile de survivre avec l’interdiction, c’est destructeur pour nous et nos 100 salariés. » Les deux hommes déplorent qu’en dépit de leurs invitations, aucun membre du conseil municipal new-yorkais n’a daigné se rendre dans leur ferme. « Le conseil municipal n’a jamais été intéressé par la manière dont les canards sont nourris.

Carlina Rivera [une des promotrices de l’interdiction] n’est jamais venue, expliquant que, même si elle venait, elle ne changerait pas d’avis. C’est juste politique, elle voulait se faire un nom », accuse M. Ginor. Mme Rivera a indiqué au New York Times avoir voulu s’attaquer au « procédé le plus inhumain » de l’industrie agroalimentaire.

. Ceux qui vendent du canard.....


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