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Filière du réemploi : les espoirs contrariés des acteurs de l'économie solidaire" title="Filière du réemploi : les espoirs contrariés des acteurs de l'économie solidaire

Les acteurs de la filière du réemploi espèrent encore que les députés feront bouger les lignes en séance plénière. Examiné la semaine dernière en commission du Développement durable à l'Assemblée, le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage n'en est pas ressorti indemne s'agissant d'une disposition essentielle à leurs yeux, celle instituant un fonds pour le réemploi solidaire.

« Il y a eu un gros recul », estime Martin Bobel, le coordonnateur du Refer , un réseau francilien regroupant différentes structures associatives (Emmaüs, recycleries, ressourceries, etc.) qui s'attellent à donner une seconde vie aux objets promis au rebut. Ce fonds, introduit et voté à l'unanimité par les sénateurs en septembre dernier, lors de l'examen du projet de loi en première lecture, vise à soutenir la création et le développement de ces lieux de récupération, dans une situation économique de plus en plus précaire.

Les éco-organismes mis à contributionAvec à la clef, la perspective que soient versés chaque année en leur faveur 75 millions d'euros, à savoir 5 % du montant total des contributions (1,5 milliard d'euros) que les sept éco-organismes concernés par le réemploi (meubles, électroménager, etc.) encaissent auprès des metteurs sur le marché (distributeurs, fabricants, importateurs, etc.

) de produits neufs.Une disposition que ces derniers ont contestée dans ses modalités. Notamment au niveau des instances de gouvernance de ce fonds. « Tout le monde y est représenté à l'exception des acteurs économiques. Il n'y en a aucun », avait regretté en octobre dernier Philippe Joguet, pour la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Un enjeu socialDepuis, la donne a changé. Les nouvelles règles qui devront régir ce fonds, si le texte adopté en commission n'est pas modifié, reviendraient à ramener son montant à un peu moins de 30 millions d'euros, selon Martin Bobel. Il n'y aurait d'ailleurs plus un seul mais plusieurs fonds, un par éco-organisme concerné.

Et le conseil d'administration de ces fonds accueillerait des représentants du monde de l'industrie et de la distribution.Une dernière disposition dont s'accommodent les acteurs non marchands du réemploi. En revanche, le fait que les fonds ne soient plus fléchés vers des structures d'intérêt général les contrarie.

L'objectif, inchangé, de réemployer ou de réutiliser l'équivalent en tonnages de 5 % des déchets d'ici à 2030, soit un doublement des volumes actuels, va également profiter aux acteurs privés du marché de l'occasion, comme Le Bon Coin ou Cash Converter.« Les associations locales génèrent dix fois plus d'emplois », assure le représentant du Refer qui chiffre à 70.

.000 le potentiel d'emplois liés à ces 5 %. Les activités de réutilisation consomment beaucoup plus de main-d'oeuvre que l'incinération et l'enfouissement. Elles sont donc un important outil d'inclusion.....


code de nouvelles: 385940  |  Les Échos
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