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24 09.12.2019 15:12:33 15:12

« On va tomber ! Bougez-vous ! » : bousculades et confusion dans les gares parisiennes



Gare Saint Lazare, le 9 décembre. JACQUES DEMARTHON / AFP Des cris, des larmes, des insultes… sur les quais des RER de la gare du Nord, lundi 9 décembre, un peu avant 8 heures, le désordre est total. « C’est un calvaire. » Jordan Villette est collé contre un mur, à l’écart d’une scène qui se répète.

A chaque ouverture de portes, sur les lignes B et D, dans les deux sens, les voyageurs se bousculent et s’énervent : les trains sont rares, pas plus d’un sur trois et seulement jusqu’à la fin de l’heure de pointe. Deux dames sont extirpées de la foule par trois agents de sécurité. En pleurs, à bout de souffle, elles ont été prises dans la vague en voulant sortir de leur RER.

Sur le côté, on essaye de les calmer et on leur apporte un peu d’eau. « Sous prétexte de défendre leurs avantages, [les grévistes] mettent tout le monde dans le même bateau » – Jordan Villette L’appel de la SNCF lancé la veille pour conseiller aux voyageurs d’éviter les transports en commun n’a guère été suivi d’effet.

« Ils me font rire. Comment voulez-vous que j’aille travailler autrement ? Je n’ai pas les moyens de prendre un Uber et je n’ai pas pu trouver de covoiturage, commente, agacé, Jordan Villette. Je n’ai pas envie de me battre pour réussir à monter dans ma rame. » Parti du Val-d’Oise, tôt, pour tenter de rejoindre Créteil (Val-de-Marne), le jeune homme de 27 ans travaille sur le chantier d’un hôpital.

« Sous prétexte de défendre leurs avantages, [les grévistes] mettent tout le monde dans le même bateau. On peut tous se plaindre de notre situation », s’énerve-t-il. Lire aussi Grève dans les transports : la majorité des trains et métros ne rouleront pas lundi « Ils nous prennent toujours en otage ! » En face, les escalators éjectent difficilement les voyageurs, qui hurlent aux autres passagers d’avancer.

« On va tomber ! Bougez-vous ! », crie l’un deux. Certains n’hésitent pas à prendre les escaliers mécaniques à contresens pour tenter de rejoindre les quais, ajoutant un peu plus à la confusion. D’autres, portable en main, filment le chaos ambiant. La dizaine d’agents de sécurité disposés près des quais semble impuissante.

Une femme s’écroule devant la sortie d’une rame. La foule s’écarte et un ruban destiné à délimiter un périmètre de protection est déplié sous les yeux des usagers, médusés de la voir inconsciente. « C’est catastrophique. Et on pense déjà à comment on va repartir ce soir », s’inquiète un voyageur, spectateur de la scène.

« Dans le privé, si on ne bosse pas, on ne mange pas » – Eblin Un agacement partagé par les usagers forcés de marcher au pas dans la gare, bondée, de Châtelet. Entourés de policiers qui ont installé un cordon pour tenter de maîtriser la foule, les gémissements de rage fusent. « Je ne comprends pas grand-chose à la réforme des retraites donc je ne sais pas si je suis perdante, mais ils nous prennent toujours en otage ! », s’indigne.

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