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Seize « individus proches de la mouvance "black bloc" » arrêtés à Bordeaux avant une manifestation de « gilets jaunes »



Aurel L’effet de surprise a été total. Samedi 7 décembre, à 12 h 15, des policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Bordeaux ont investi une maison du Bouscat, commune de l’agglomération bordelaise, louée pour le week-end grâce la plate-forme de réservation en ligne Airbnb.

La porte n’a pas résisté à leur assaut musclé. Les seize occupants n’ont pas eu le temps de réagir qu’ils avaient déjà les mains liées par un collier de serrage en plastique. L’habitation, aménagée sur deux étages, n’hébergeait pas des touristes désirant découvrir la capitale girondine et son riche patrimoine, mais, selon le parquet de Bordeaux, des « individus proches de la mouvance “black bloc” qui semblaient déterminés à en découdre avec les forces de l’ordre à l’occasion de la manifestation des “gilets jaunes” prévue dans l’après-midi à Bordeaux ».

Un renseignement est parvenu en fin de semaine aux policiers de la sécurité publique, qui l’ont exploité dans les temps. Lire aussi Black blocs : une tactique de lutte plus qu’une idéologie Le parcours de radicalisation de certains « gilets jaunes » est suivi de près par les policiers, qui ont acquis la certitude vendredi soir que la maison louée servait en fait d’« appartement conspiratif ».

Des allers-retours remarqués à la quincaillerie du coin dans la soirée et des tags antipolice reprenant l’acronyme ACAB (pour « all cops are bastards », soit « tous les flics sont des salauds ») fraîchement peints sur des murs de la ville dans la nuit ont permis de localiser plus précisément le lieu de cette réunion secrète.

« Cocktails Molotov » L’opération n’est pas passée inaperçue dans cette rue commerçante. D’autant que les forces de l’ordre s’étaient déplacées en nombre pour cerner des individus susceptibles de se montrer violents et de se rebeller. Dix hommes et six femmes, âgés de 19 à 45 ans et venus en train ou en voiture de Gironde, mais aussi d’autres départements et d’autres régions se trouvaient à l’intérieur de l’habitation.

Certains dormaient à l’arrivée soudaine des policiers encagoulés et lourdement armés. D’autres déjeunaient, se préparaient ou discutaient. Interpellés, les seize activistes ont été placés en garde à vue, mesure qui a été prolongée dimanche. Les perquisitions ont été fructueuses. Outre les banderoles et les objets dits « défensifs » (gants et masques de ski permettant de se protéger contre les effets irritants du gaz lacrymogène), les policiers ont saisi des armes et munitions de fabrication artisanale.

Des bouchons plantés de clous, destinés à crever les pneus des véhicules des forces de l’ordre, un gros sac de bouteilles en verre vides et des produits chimiques restant à analyser, mais aussi, selon le parquet de Bordeaux, « des bouteilles remplies d’acide chlorhydrique, des mèches et des boules d’aluminium, attirail communément utilisé par la mouvance contestataire pour attenter à l’intégrité.

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