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« Ce dont manque Macron pour remettre à plat le système des retraites, c’est de confiance »

Chronique. Propos surréalistes et néanmoins significatifs du climat actuel : « Je ne veux pas que nos petits-enfants nous disent : “Tu as pu partir à tel âge mais en contrepartie tu as sacrifié ma retraite”. » (Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, expliquant dans Le Journal du dimanche le 8 décembre pourquoi il refuserait, même avec une période de transition, la création d’un système de réforme par points.

) « Si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, programmée aujourd’hui, quelqu’un d’autre en fera une demain brutale, vraiment brutale. » (Edouard Philippe, premier ministre, dans le même journal à quelques pages de distance.) Comment en est-on arrivé là ? Comment la réforme systémique des retraites, censée rassurer les jeunes générations sur le financement de leur future retraite est-elle devenue une telle machine à fabriquer de l’anxiété ? Comment un projet porté depuis des années par la CFDT pour renforcer les droits de ceux qui sont aujourd’hui les plus mal couverts est-il aujourd’hui accusé d’être régressif et antisocial ? « Notre système est le meilleur du monde ! », clame sur tous les plateaux de télévision le leader de la CGT depuis qu’il a été remis en selle par le succès de la mobilisation du 5 décembre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Réforme des retraites : l’alerte des économistes proches de Macron Le « meilleur du monde », à ceci près qu’il faut le remettre à flots en moyenne tous les cinq ou six ans parce que l’évolution démographique fragilise la répartition : on comptait 4 actifs cotisants par retraité en 1960.

Le ratio est actuellement de 1,7 et devrait tomber à 1,5 en 2040, selon les prévisions du Conseil d’orientation des retraites. Le « meilleur du monde » si l’on est prêt à assumer un différentiel de 42 % entre la pension moyenne des femmes et celle des hommes ou de très fortes inégalités entre retraités liées à l’existence de 42 régimes différents régis chacun par leur propre règle ! Brusquement, plus rien La retraite par points est une idée de gauche.

Elle est apparue dans le débat public lors de la primaire socialiste de 2011. Manuel Valls, l’un des candidats, la défendait en estimant que les socialistes, s’ils arrivent au pouvoir, devraient s’abstenir de faire croire aux Français qu’il serait possible de rétablir la retraite à 60 ans, comme l’avait fait François Mitterrand en 1982.

Pour sortir du piège de l’allongement continu de l’âge de cessation d’activité qui était déjà largement entamé, le candidat prônait une « retraite par points prenant en compte la pénibilité, l’espérance de vie et les inégalités hommes-femmes ». Il y voyait le moyen de laisser davantage de liberté à chacun pour déterminer l’âge de son départ à la retraite, au vu de la valeur du point acquise au cours de sa carrière professionnelle.

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