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16 10.12.2019 16:20:53 16:20

« La paupérisation galopante au Liban constitue un cocktail explosif »



« Il est temps d’inverser le processus comme le réclament à cor et à cri les manifestants depuis le 17 octobre » (Photo: manifestation à Beyrouth, le 8 décembre). Bilal Hussein / AP Tribune. Le Liban vit une crise sans précédent avec la moitié de sa population qui pourrait à très court terme tomber sous le seuil de pauvreté.

Si ses dirigeants en arrivent aujourd’hui à mendier des secours, c’est le résultat de décennies de politiques économiques désastreuses, mais aussi de la préférence du secteur bancaire pour le profit au détriment d’une gestion prudentielle de l’argent des déposants qui représentent trois fois la taille de l’économie nationale.

Le résultat est une triple crise de balance des paiements, de dette souveraine, et de faillite bancaire. Les pertes sont colossales. Les Libanais en subissent déjà lourdement les conséquences à travers la dépréciation de leur monnaie qui a perdu 33 % de sa valeur en quelques semaines sur le marché parallèle, alors que sa stabilisation a été (à tort) le principal si ce n’est l’unique objectif des trente dernières années.

Licenciements massifs, réductions de salaires, blocage des crédits et de l’accès aux dépôts bancaires en dollars ont déjà fortement affecté le pouvoir d’achat d’une population tributaire des importations pour l’écrasante majorité de ses besoins. Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Une grande partie de notre élite est accro à la corruption » : Au Liban, dans les rouages de l’économie de l’ombre Au lieu de prévenir et d’agir, comme elle le promet depuis des années, et d’assumer désormais la responsabilité de son échec patent, la classe politique n’a, comme à son habitude, trouvé qu’une réponse à l’urgence : en appeler à l’aide internationale.

Lui répondre favorablement, sans condition, reviendrait à mépriser les Libanais qui contestent la légitimité de leurs représentants sans discontinuer depuis plus de cinquante jours. Une économie en faillite L’ajustement d’une économie en faillite est nécessaire. Mais la façon dont il se déroule est inacceptable tant il contrevient au principe le plus élémentaire de justice sociale.

Alors que la captation des ressources de l’Etat et la transformation des capitaux venus de l’étranger en rentes improductives ont, au fil des années, démesurément creusé les inégalités entre Libanais – 3 000 individus gagnent autant que 50 % de la population –, il est temps d’inverser le processus comme le réclament à cor et à cri les manifestants depuis le 17 octobre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Liban, « on s’est réapproprié notre fête nationale » Or, c’est précisément le contraire qui est à l’œuvre, avec une préférence systématique accordée aux plus nantis au détriment des catégories sociales les plus fragiles. Si l’assainissement du système financier libanais sera douloureux pour tout le monde, le niveau extrême de concentration.

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