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5 10.12.2019 16:33:07 16:33

Le documentaire de Netflix sur l’affaire Grégory relance la chasse au « corbeau » sur Facebook

Plus 100, plus 200, plus 300 membres ces derniers jours : depuis le début de la diffusion sur Netflix fin novembre de la série documentaire Grégory, qui revient sur l’enlèvement et l’assassinat de Grégory Villemin, 4 ans, en 1984, les groupes Facebook consacrés à l’affaire connaissent une seconde jeunesse – la plupart ont été créés il y a deux ans, lors d’un précédent rebondissement du dossier.

Trente-cinq ans après l’enlèvement et le meurtre de Grégory Villemin, puis l’assassinat de Bernard Laroche, suspecté du crime mais remis en liberté, par le père du petit garçon, enquêteurs amateurs, anciens protagonistes et simples curieux se retrouvent désormais en ligne, dans ces groupes de discussion Facebook.

Lire aussi « Grégory » : en cinq volets, un retour sur l’« Affaire » de la Vologne Aussi longtemps après les faits, et dans ce dossier particulièrement complexe et dont seule une infime partie des éléments a été numérisée, les chances pour de simples internautes de découvrir des éléments nouveaux semblent pourtant nulles.

Les participants à ces groupes partagent documents judiciaires, photographies de famille, extraits de témoignages ou d’émissions télévisées consacrées au dossier… Mais surtout leur « intime conviction » que le coupable, le complice, le corbeau est tel ou tel membre de la famille.

Des enregistrements de la voix du « corbeau », le ou les anonymes qui avaient harcelé la famille Villemin par téléphone puis par courrier avant de revendiquer l’assassinat de l’enfant, sont disponibles sur YouTube ; sous les images, des dizaines d’internautes sont certains d’avoir reconnu la voix, dans une longue litanie de prénoms appartenant à un Villemin ou un Laroche, sans apporter d’autre preuve que leur certitude.

Et parmi les « certitudes » des inscrits, la théorie d’une culpabilité ou d’une complicité de Christine Villemin, la mère du petit Grégory, est parmi celles qui reviennent le plus fréquemment. Peu importe que « CV », comme on l’appelle entre tenants de cette thèse, ait été totalement mise hors de cause par un non-lieu d’ampleur exceptionnelle, s’appuyant sur des éléments matériels prouvant, sans l’ombre d’un doute, son innocence.

Trente-cinq ans après les faits, le spectre de la mère infanticide continue de hanter des groupes de discussion qui veulent absolument voir dans ce crime celui de sa mère. Certains groupes sont même explicitement consacrés à la culpabilité de la mère de Grégory Villemin, comme celui évoquant une « affaire d’Etat », et un sombre complot qui aurait couvert Christine Villemin, « succube diabolique » qui aurait « tout fait de A à Z ».

Des schémas approximatifs rayés de rouge y expliquent, sans second degré, que « résoudre l’affaire Grégory est d’une facilité enfantine ».

« Preuves » publiées dans un groupe Facebook consacré à l’affaire Grégory. La thèse d’une implication de « CV » est aussi.

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