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Aung San Suu Kyi appelée à « cesser le génocide rohingya » devant la Cour internationale de justice



Aung San Suu Kyi quitte la Cour internationale de justice après un premier jour d’audience à La Haye, aux Pays-Bas, le 10 décembre 2019. Peter Dejong / AP L’ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi a assisté, mardi 10 décembre, aux appels de la Gambie, au nom du monde musulman, pour que la Birmanie « cesse le génocide » contre de la minorité musulmane rohingya, au premier jour d’audiences devant la Cour internationale de justice (CIJ).

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour les massacres et persécutions contre les Rohingyas. Depuis août 2017, quelque 740 000 Rohingyas se sont réfugiés dans ce pays voisin de la Birmanie pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de « génocide » par des enquêteurs de l’ONU.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Birmanie d’Aung San Suu Kyi poursuivie pour génocide contre les Rohingya « Tout ce que la Gambie demande, c’est que vous disiez [à la Birmanie] de mettre fin à ces tueries insensées, d’arrêter ces actes de barbarie et de cesser ce génocide contre son propre peuple », a plaidé le ministre gambien de la justice, Abubacarr Tambadou, devant les juges.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948. La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre Etats membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Aung San Suu Kyi, icône déchue « Des gens tués, des femmes violées et des enfants brûlés vifs » « Chaque jour à ne rien faire, ce sont plus de gens tués, plus de femmes violées et plus d’enfants brûlés vifs. Quel crime ont-ils commis ? Seulement celui d’être nés dans une religion différente », a dénoncé M.

Tambadou, ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda. « Des milliers de personnes ont déjà péri des conséquences directes des actes de génocide de la Birmanie et le nombre de réfugiés a atteint des proportions colossales », a-t-il martelé. La Gambie demande à la CIJ des mesures d’urgence pour mettre fin aux « actes de génocide en cours » en Birmanie en attendant que soit rendu l’arrêt définitif sur le fond de l’affaire, ce qui pourrait prendre des années.

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