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8 21.01.2020 09:38:51 09:38

« L’Europe doit interdire l’huile de palme non durable »

La Croix : Le rapport du WWF qui évalue les politiques d’approvisionnement en huile de palme durable crédite plusieurs compagnies agroalimentaires de bons scores, dont Ferrero, fabricant d’une célèbre pâte à tartiner, qui décroche un 20 sur 22. L’huile de palme alimentaire ne représenterait donc plus un danger pour l’environnement ?Arnaud Gauffier : Au contraire, l’évaluation des pratiques de 173 grands groupes de la production, de la distribution et des services de restauration montre qu’à part quelques bons élèves la situation est plutôt préoccupante.

Après une phase d’amélioration constatée depuis 2016, ils s’engagent moins alors que 2020 s’annonce comme une année clé pour la préservation de la biodiversité, en particulier la protection des forêts menacées par les plantations de palmiers à huile.La situation est cependant contrastée selon les continents.

Par rapport à l’Asie du Sud-Est, l’Europe fait figure de pionnière. On y trouve des entreprises très avancées comme l’industriel italien Ferrero, la grande chaîne de supermarchés allemande Edeka, la multinationale suisse Nestlé ou le groupe français de cosmétiques L’Oréal. Mais pour beaucoup d’autres, il reste encore de gros progrès à faire.

En particulier pour des groupes comme Lactalis ou Auchan, qui n’ont pas jugé bon de répondre au questionnaire.Peut-on avoir confiance dans le système de labellisation en vigueur ?A. G. : Le WWF est, avec des industriels et d’autres ONG, à l’origine de la certification RSPO pour Roundtable On Sustainable Palm Oil, ou « table ronde pour une huile de palme durable ».

Ce système, mis en place en 2004, propose différents labels d’inégales valeurs en termes de protection des forêts.Certaines entreprises optent, par exemple, pour le régime « Mass Balance » qui permet de mélanger des fruits produits de manière durable à d’autres qui ne le sont pas. Les entreprises plus exigeantes peuvent choisir le label « Identity Preserved » qui garantit la traçabilité de l’huile de palme durable jusqu’à la plantation.

Si imparfaits soient-ils, ces indicateurs ont tout de même permis des progrès. D’autant que la certification RSPO a durci son cahier des charges en 2018. Désormais, ce ne sont plus seulement les forêts primaires qui sont protégées, mais aussi les forêts secondaires et les tourbières, zones essentielles pour le stockage de carbone.

Comment améliorer encore les choses ?A. G. : Boycotter des produits contenant de l’huile de palme n’est pas forcément une bonne idée. Cela pourrait inciter les entreprises à s’approvisionner en huile de coprah. Or, le rendement de ce cocotier est quatre fois moindre que celui du palmier à huile, ce qui multiplierait les surfaces déforestées.

.Le consommateur peut jouer un rôle, par exemple en faisant pression sur les industriels de l’agroalimentaire pour qu’ils fassent des produits moins gras. Ce qui, au passage, serait meilleur pour la santé.→ À LIRE. Clément Sénéchal : « La filière biocarburant.....


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