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13 21.01.2020 15:29:05 15:29

A l’hôpital Necker, une start-up mise sur un traitement post-greffe innovant

Une start-up française fondée dans un cadre hospitalier : la chose serait presque banale. Mais une start-up créée par trois femmes pour accélérer le développement de traitements innovants prometteurs, voilà une affaire peu commune. Baptisée « Smart Immune », cette start-up est née en 2017 à l’Institut Imagine de l’hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP), à Paris.

Son ambition : « Permettre la reconstruction accélérée, polyvalente, du système immunitaire après une greffe. » Et ainsi « sauver la vie de milliers de patients » qui souffrent de maladies affectant les cellules sanguines : des déficits immunitaires congénitaux, par exemple, ou des leucémies.

Vue au microscope d’une cellule lymphocyte T d’un donneur sain.

NIAID / wikimedia commons Pour nombre de ces patients, le seul traitement curatif est une greffe de cellules souches du sang. Le patient subit d’abord un protocole de « conditionnement » : ses propres cellules immunitaires sont détruites pour éviter qu’elles ne rejettent la greffe. Puis il reçoit une injection de « cellules souches hématopoïétiques » issues d’un donneur en bonne santé.

Ces cellules vont reconstituer les différents types de cellules du sang. Et remplacer ainsi les cellules malades du patient par des cellules saines. Mais, après une telle greffe, « ces malades sont exposés à un ensemble de complications toxiques, immunologiques, infectieuses et de rechutes leucémiques majeures », explique la start-up.

Selon la Société européenne de greffe de moelle, en 2015, 1 008 patients atteints de leucémies myéloïdes ont reçu, en Europe, une greffe dite « partiellement compatible » de cellules du sang – le type de greffes pour lequel Smart Immune développe un traitement. « Chez ces patients greffés, le taux de survie globale à deux ans est de 50 % à 60 % », indique la professeure Marina Cavazzana, qui dirige le département biothérapie de Necker.

Elle est l’une des trois cofondatrices de Smart Immune, dont elle assure la direction médicale. « Le point-clé est de reconstituer au plus vite le pool de lymphocytes T, ces globules blancs chargés d’éliminer les cellules infectées ou cancéreuses » Comment favoriser la survie de ces patients ? « Le point-clé est de reconstituer au plus vite leur pool de lymphocytes T, ces globules blancs chargés d’éliminer les cellules infectées ou cancéreuses », relève Marina Cavazzana.

Le patient a parfois la chance qu’on trouve, grâce aux registres, un donneur aux tissus parfaitement « compatibles » avec les siens. Mais, souvent, on doit faire appel à un donneur partiellement compatible, dans la famille du patient. Comment, dans ces conditions, éviter que les cellules immunitaires du donneur ne s’attaquent aux tissus du patient ? Réponse : on expurge le greffon de ses lymphocytes T.

. Cette exigence a son revers : tant que le patient n’a pas reconstitué une réserve de lymphocytes T matures, il reste très vulnérable aux infections et aux tumeurs......


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