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Au Maroc, un lycéen jugé pour un post Facebook



Devant la cour d’appel de Meknès, le 20 janvier 2020, le comité de défense du jeune Ayoub Mahfoud, lycéen jugé pour un post Facebook. Théa Ollivier Remuant nerveusement la jambe, Ayoub Mahfoud, 18 ans, attend son tour sur le banc de bois de la grande salle froide de la cour d’appel de Meknès, éclairée de néons.

Quelques affaires sont expédiées par trois juges portant écharpe verte, sous le portrait officiel du roi Mohammed VI. Puis son nom est prononcé. Lundi 20 janvier, Ayoub Mahfoud se présente à la barre, sweat-shirt à capuche rouge et veste en jean foncée. Le lycéen avait été condamné à trois ans de prison ferme en première instance le 17 décembre 2019 pour « outrage à la personne du roi » et « injures à des hauts fonctionnaires ».

Il avait publié sur Facebook les paroles de la chanson de rap « 3acha cha3b » (« vive le peuple »), critique du pouvoir, accompagnées d’une photo. La condamnation « d’un gamin de 18 ans » avait ému les réseaux sociaux et il est vite devenu l’une des figures du combat pour la liberté d’expression. Lire aussi Au Maroc, des militants dénoncent une « campagne de répression » des réseaux sociaux En moins de cinq minutes, la première audience en appel est reportée au 30 mars à la demande de la défense.

« Nous aurons du temps pour nous préparer », souffle une de ses avocats, Me Hasna Alaoui. Selon elle, ce délai supplémentaire va dans le sens de la liberté provisoire « surprise » obtenue quatre jours avant l’audience en appel. « Ce n’est pas habituel. Mais c’est un signe fort pour un jugement plus clément », espère l’avocate.

« Vague de répression » Après un mois et demi en cellule collective, le jeune homme originaire d’un quartier populaire de Meknès a donc pu rentrer chez lui le 16 janvier. « Cela fait du bien de retrouver l’ambiance de la maison. Je ne suis pas stressé, car je sens que je ne suis plus seul », confie timidement le lycéen qui prépare son baccalauréat.

Fils d’un militaire à la retraite, il a continué à étudier en prison grâce aux livres et cahiers apportés par ses parents. Sa mère Fatima, habillée d’une longue et chaude djellaba rose, affirme dans un grand sourire de soulagement : « Le plus important, c’est qu’il reprenne l’école. » D’autant plus qu’Ayoub Mahfoud a été exclu de son établissement faute d’avoir assisté aux cours pendant son séjour carcéral.

« On va faire pression pour qu’il retourne au lycée dès la fin des vacances », explique Me Hasna Alaoui. Elle compte pour cela sur le soutien de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), une institution publique. Lire aussi Le journaliste marocain Omar Radi en liberté provisoire après avoir été détenu pour un Tweet Les avocats doivent maintenant préparer leur défense pour obtenir la liberté définitive du jeune homme.

. « Ce n’est plus un dossier quelconque, c’est.....


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