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La mort de la En Tunisie, les combats orphelins de Lina Ben Mhenni



La blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni, à Saint-Malo, en France, en juin 2011. CYRIL FOLLIOT / AFP « Une fille tunisienne » s’est tue. Dans la nuit de dimanche à lundi, Lina Ben Mhenni a posté un dernier message sur son blog, avant de s’éteindre à l’âge de 36 ans, le 27 janvier.

Avec sa disparition, c’est une voix du « printemps arabe » en Tunisie qui s’évanouit. Engagée contre la censure et pour les libertés, elle était l’égérie d’une génération de militants et blogueurs qui se sont saisis des nouvelles technologies de l’information pour mener un combat politique. En janvier 2011, lors du soulèvement populaire contre la dictature de Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, Lina Ben Mhenni est l’une des premières à se rendre à Sidi Bouzid, quelques jours après l’immolation de Mohamed Bouazizi, pour rapporter cet élément déclencheur de la révolution.

Un acte périlleux, alors que les Tunisiens vivent dans un black-out médiatique total et que la contestation est durement réprimée. Dans un premier temps, elle publie ses vidéos sur son blog, « A Tunisian Girl », et témoigne par la suite à visage découvert. Lire aussi La blogueuse Lina Ben Mhenni, « voix de la révolte tunisienne », est morte Depuis, Lina Ben Mhenni ne s’était jamais arrêtée de combattre, s’érigeant contre les dérives et les outrances de tous.

Elle aura autant fustigé les islamistes du parti Ennahda, accusés d’avoir trahi la révolution, que les partisans de l’ancien régime et leurs héritiers du Parti destourien libre. Après son combat fondateur, elle aura été de toutes les mobilisations pour la justice sociale, les libertés individuelles, la défense des blessés et des familles des martyrs de la révolution, mais aussi contre les violences policières.

Son père, Sadok Ben Mhenni, figure de la gauche tunisienne, était souvent présent à ses côtés. Des bibliothèques dans les prisons Ce militantisme forcené ne lui a pas valu pas que des amis. Quand, en 2013, son nom a circulé comme possible récipiendaire du prix Nobel de la paix, elle a été attaquée de toutes parts et a même vu la légitimité de ses combats remise en cause.

Lina Ben Mhenni faisait peur. Ainsi, malgré sa notoriété doublée d’un brillant parcours universitaire en littérature anglaise, elle aura connu bien des difficultés à poursuivre sa carrière de professeure. Mais c’était moins sa liberté de ton que de potentielles foudres des autorités qui effrayaient les employeurs… Cette urgence à dénoncer les injustices s’ancrait sans doute dans une vie qu’elle savait menacée.

Depuis son enfance, Lina Ben Mhenni souffrait d’un lupus, maladie auto-immune qui a très tôt fragilisé sa santé. En 2007, alors que ses jours étaient en danger, on lui avait greffé un rein, donné par sa mère ; une « deuxième naissance » qui ne l’emmènera que jusqu’en 2018. A cette époque, à cause d’un changement de traitement, elle en perd l’usage et sa vie se.

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